Art contemporain. Biennale de Venise

La Biennale de Venise  est une prestigieuses exposition internationale d’art contemporain. En l’année 2011, le public put admirer les œuvres impérissables de Richard Serra, Anish Kapoor (actuellement au grand Palais), Yves Klein, etc.

Pour Fabrice Hergott, directeur du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, le plus beau se départageait entre le blanc de Robert Ryman, l’ironie de Sturtevant, la joie et la couleur de Cildo Meireles et la figuration de Markus Lüpertz. Pour Patricia Marshall, toujours entre Paris, New York et le Mexique, Cy Twombly, On Kawara, Robert Ryman, Donald Judd et Richard Serra sont les rois de notre temps. Pour Laurence Dreyfus, jeune conseillère et fougueuse commissaire d’expos, le bouquet victorieux réunit James Turrell, Gerhard Richter, Olafur Eliasson et El Anatsui.

Précisons, pour nos lecteurs, que si vous ne faites pas partie de l’hyperclasse mondiale, comme le dit si bien Jacques Attali, vous avez peu de chances de pouvoir participer aux réjouissances. En effet, les places sont limitées, et la piétaille issue du peuple est assez mal vue dans ce type de cérémonie. Nous présentons ici quelques-uns de nos artistes préférés.

Citons d’abord Maurizio Cattelan, qui est devenu une superstar de l’art contemporain, un détenteur de records d’enchères dans les salles de vente. Il est né à Padoue en 1960, et vit aujourd’hui à New York. En 1999, il présentait La Neuvième heure (La Nona Ora), une effigie, en cire et grandeur nature, du pape Jean-Paul II terrassé et cloué au sol par une météorite. L’œuvre fut vendue par Christie’s en 2004 pour 3 millions de dollars.

 Maurizio cattelan-j-paul II

En 2001, il présentait Par peur de l’amour, un éléphant recouvert d’un drap blanc, comme si l’animal était un membre du Ku Klux Klan. L’œuvre fut vendue par Christie’s en 2004 pour 2,7 millions de dollars. En 2004, à Milan, sur la place du 24-Mai, il avait pendu trois mannequins d’enfants à un chêne. Cette superbe performance artistique fut complétée par un badaud qui se fendit le crâne en tentant de décrocher les petits corps. L’incident fut alors largement popularisé par le journal télévisé. Magnifique !

Maurizio cattelan-enfants-pendus

 

On aime aussi beaucoup les frères Chapman. Jake et Dinos Chapman sont “britanniques” et vivent à Londres. Depuis le début des années 1990, ils influencent le monde de l’art contemporain par leurs statues représentant notamment des scènes de torture ou des enfants mutants nus. On pense au sublime Fuck faces (1994) et à Cock-shiter (1997), avec de multiples sexes en érection et orifices sur le corps. Récemment, leur travail s’est axé sur la construction de maquettes agrémentées de figurines modèle réduit représentant diverses scènes, notamment l’Holocauste, sur la pièce intitulée Fucking Hell, actuellement exposée au Musée de la Fondation Pinault de la Punta della Dogana à Venise. Splendide ! A ne pas manquer !

Chapman retro

 

Parmi nos artistes préférés, il faut encore citer Kader Attia. Celui-ci est un Français, plus français que les Français. Il est né en 1970 à Dugny, en Seine-Saint-Denis, et est d’origine algérienne, comme Enrico Machiasse, qui chante l’amour sans frontière. L’œuvre de Kader Attia peut être décrite comme consistant en une exploration symbolique des traumatismes et des peurs de sa propre enfance (Lire à ce sujet Psychanalyse du judaïsme). Revendiquant la pluralité de ses appartenances culturelles, Kader Attia connaît un succès grandissant dans l’hyperclasse. Ci-dessous, les Flying rats (les rats volants, 2005).

 kader-attia flying rats

Damien Hirst est lui un Anglais de souche. Il est né en 1965 à Bristol et a grandi à Leeds. À partir de 1992, il travaille à une série constituée avec des cadavres d’animaux (cochon, vache, mouton, requin, tigre, etc.). Les bêtes sont parfois coupées en deux, afin qu’apparaissent l’intérieur et l’extérieur. Elles sont plongées dans le formol et présentées dans des aquariums.

En 2003, il densifie son propos en montrant des monochromes noirs habités de mouches mortes, des reliquaires de martyrs, des vitrines où des têtes de vaches représentent le Christ et les apôtres. En août 2007, Damien Hirst bat un nouveau record en cédant pour 100 millions de dollars une pièce intitulée For the Love of God, réplique en platine du crâne d’un homme décédé au XVIIIe siècle, incrustée de 8601 diamants. Enorme !

 hirst cinq pattes

L’artiste espagnol Eugenio Merino pratique lui aussi l’art du scandale et l’art de la récupération artistique. Il a misé sur Damien Hirst pour sa nouvelle production, en créant une sculpture représentant un Damien Hirst qui s’est tiré une balle dans la tête et intitulée 4 the love of Gold (pour l’amour de l’or !). Génial, purement génial !

4theloveofgold.jpg

 

Ce 26 mai 2011 à Paris, au Carrefour de la Croix rouge, à côté de Saint-Germain des Prés, la statue du sculpteur César (le Centaure) était “augmentée” par des artistes inconnus qui ont réalisé une performance artistique avec trois fois rien. Il a suffit d’un caddie de supermarché et d’un plot de signalisation trouvés là par hasard pour rehausser la magnifique statue parisienne. Evidemment, les artistes de rue ne parviendront jamais au niveau des “grands” cités plus haut. Mais il est bon de savoir que le petit peuple s’essaye lui aussi à l’art contemporain et participe à ce grand élan de créativité qui embellit notre époque.

Cesar Croix rouge mai 2011

Maurizio Cattelan s’est illustré dans le genre monumental. Ci-dessous, sa sculpture de 2008 nommé Love, placée en face de la bourse de Milan. Elle représente une main avec le majeur tendu. On dit que Bertrand Delanoë, le maire de Paris, aurait ressenti la plus vive émotion en la découvrant et se serait porté acquéreur pour sa collection personnelle. Hervé Ryssen

Maurizio Cattelan, Love, Milan, 2008