Les trafiquants de drogue n’ont pas de noms

Nous publions ici un extrait d’un article paru dans le Rivarol du 25 février 2011.

3,6 tonnes de cocaïne

Le 18 février 2011, au large de la Colombie, la Marine nationale a effectué une saisie record de 3,6 tonnes de cocaïne. La drogue était cachée dans les soutes d’un navire battant pavillon vénézuélien. Il s’agit de la plus importante prise réalisée par les Français après celle de 4,3 tonnes de novembre 2006 dans les Antilles. Le Figaro nous apprend que les six membres d’équipage du Titan, étaient « d’origine hondurienne et colombienne ». Ce “petit personnel”, ainsi que la marchandise, ont été remis aux autorités vénézuéliennes. Une dizaine de jours auparavant, 302 kg de cocaïne avaient été saisies sur un navire au sud de la Martinique. Les trafiquants « sud-américains » (toujours selon le Figaro), cibleraient les côtes de Galice, en Espagne, qui seraient leur porte d’entrée en Europe.

1,3 kilo de cocaïne à Draguignan : les passeurs sont relâchés

Le 19 février, trois trafiquants de drogue ont été appréhendé au péage du Capitou, sur l’A8, avec 1,3 kg de cocaïne dans leur véhicule. Les trois hommes ont été placés en garde à vue puis déférés devant un magistrat du ministère public, qui a sollicité leur présentation devant un juge en comparution immédiate. L’audience a été suspendue à 20h45 – conformément à la circulaire dite Lebranchu, qui recommande de ne pas dépasser six heures d’audience. Le parquet a alors demandé au juge un mandat de dépôt, mais ces réquisitions n’ont pas été suivies, et, à leur grande surprise, les trafiquants ont été remis en liberté et convoqués à une date ultérieure devant le tribunal correctionnel de Draguignan. Là encore, les journalistes de la presse nationale ne donnent pas les noms, sans doute, par crainte de dévoiler l’existence d’une mafia qui serait en lien avec leurs patrons. Dans Var Matin, on apprend qu’il s’agit d’« un couple d’Espagnols et leur comparse d’origine uruguayenne ». Allez savoir qui se cache derrière ces passeports !

94 kilos de cocaïne en Bretagne

Ce 17 février, sur la RN 165, entre Brest et Quimper, la police et les douanes ont mis la main sur 94 kg de cocaïne d’une pureté exceptionnelle. Un hélicoptère des douanes et 80 policiers étaient mobilisés. La  voiture ouvreuse, une puissante Audi S3, a tenté de se dégager et a percuté un véhicule de la police. La cargaison a une valeur à la revente de 7 à 8 millions d’euros : c’est une saisie record en Bretagne. Là encore – et c’est très suspect – les journaux ne divulguent pas les noms des trafiquants.

6,3 kg de cocaïne dans les Yvelines

Le 4 février, les gendarmes avaient interpellé dans les Yvelines, à un péage, un automobiliste qui transportait 6,3 kg de cocaïne. Ils laissèrent passer les deux véhicules ouvreurs. A l’approche de la voiture contenant la drogue, une BMW série 5, les militaires déployèrent une herse. La voiture fonça malgré ses quatre pneus crevés et poursuivit sa route en direction de la province. Elle fut finalement interceptée au péage suivant à Allainville-aux-Bois.

3 kilos de cocaïne, et pas de coupables

Le 6 janvier, les agents de la brigade des douanes de Romans avaient saisis trois kilos de cocaïne dans un véhicule circulant dans le sens Valence/Grenoble, conduit par un « ressortissant italien ». La cocaïne se trouvait dans sept sachets plastifiés qui étaient dissimulés derrière le tableau de bord de la puissante berline, à côté des gaines de ventilation. La valeur sur le marché de ces 3,3 kilogrammes de cocaïne est de plus de 135 000 euros. Fin décembre, les douanes de Romans avaient déjà saisis quatre kilogrammes de cette drogue. Mais les noms des grands trafiquants ne seront visiblement jamais révélés au public, par respect des droits de l’ “Homme”, sans doute.

42 kilos d’héroïne à la frontière belge

Le 21 février, sur l’autoroute A22, entre Lille et Gand, les policiers décidèrent de fouiller une voiture suspecte, immatriculée en Espagne. L’intuition fut bonne puisque la fouille du véhicule entraîna la découverte de deux caches aménagées sous les sièges. Cette fois-ci, il s’agit d’héroïne. Une quarantaine de paquets entourés de cellophane contenaient une poudre brunâtre, d’une valeur marchande qui dépassait 1,3 million d’euros. Ces derniers jours, un kilo a été saisi à Vailly-sur-Aisne ; 7 kilos ont été saisis la semaine dernière à Orléans ; 11 kilos le 7 février à Dijon ; 6 kilos le 4 février en région parisienne. « On n’est pas habitué à des chiffres aussi conséquents », reconnaît un douanier.

Une odeur de noix de coco

Le 10 février, les douaniers dijonnais avaient effectivement saisi onze kilos d’héroïne (plus de 350 000 € à la revente au détail) : l’une des plus belles prises de drogue de ces dix dernières années (deux saisies de 20 et 33 kg avaient été réalisées en 2008). Ils étaient postés de nuit sur l’aire de Spoy-Brognon, dans le sens nord-sud, lorsque vers une heure du matin, ils décidèrent de procéder à un contrôle de routine sur une camionnette Opel Combo en mauvais état, immatriculée en Hollande. Lorsqu’ils pénétrèrent dans l’habitacle, les agents des douanes sentirent une puissante odeur de noix de coco qui leur mirent “la puce à l’oreille” – si l’on peut dire, puisque les passeurs pensent ainsi dissimuler l’odeur des stupéfiants au flair des chiens. Le plancher de métal du fourgon fut découpé à la meuleuse, et les douaniers trouvèrent une poudre brune, soigneusement conditionnés dans une vingtaine de sachets. Dans le journal local Le Bien public, on apprend que le conducteur est « un ressortissant marocain âgé de 26 ans », ouvrier agricole. Mais cet homme n’est évidemment qu’une “mule”.

La mafia contre les Talibans

Le trafic prendrait de l’ampleur. En 2009, 970 kilos ont été saisis sur le territoire. La ville de Quimper, qui ne passe pas pour un haut lieu du trafic de drogue, avait alors enregistré une prise totale de 21 grammes d’héroïne. En 2010, la quantité était passée à 1,2 kilo. A Bayonne, sur la même période, les douaniers ont vu leur prise passer de 300 grammes à plus de 20 kilos. Il y a aussi des saisies plus modestes à la campagne depuis un mois : à Berjou (Orne), Mortain et Saint-Hilaire (Manche), sur l’île de Ré, ou à Layrac (Lot-et-Garonne). Même s’il ne s’agit que de quelques centaines de grammes, de telles affaires étaient auparavant inexistantes. Le sniff et l’inhalation par “fumette” auraient aussi remplacé la seringue et l’injection par intraveineuse. Des micro trafics touchent des petites villes, voire même des villages, comme celui de Beautor (Aisne), 358 habitants, où un mini-réseau a été démantelé durant l’automne par les gendarmes.

En provenance principalement d’Afghanistan, l’héroïne transite par la Turquie. Historiquement, la grande période de consommation d’héroïne en France se situe au début des années 1990. La prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan avait enrayé le phénomène, avec la destruction des champs de pavot, mais depuis que les islamistes ont été chassés de Kaboul par l’armée américaine, la culture a repris de plus belle, et de mystérieux réseaux internationaux s’enrichissent aux dépens de jeunes Occidentaux. Hervé Ryssen