René Girard : le philosophe et la pesanteur

René_GirardRené Girard est un philosophe français. Il est membre de l’Académie française et est professeur émérite de littérature comparée à l’Université Stanford aux États-Unis. Ce n’est pas rien. Son travail prétend remettre en cause la psychanalyse, le structuralisme, le marxisme etc. Il a beaucoup travaillé sur le thème de la violence, qu’il voit au cœur de toute civilisation, si bien qu’il passe aux yeux des démocrates comme un affreux chrétien réactionnaire.

Dans son livre intitulé Des Choses cachées depuis la fondation du monde (Grasset, 1978, Poche, 2010), un passage montre qu’il n’avait pourtant pas compris grand-chose à ce qui pouvait opposer les juifs et les chrétiens. En l’occurrence, il ne fait que recopier mot à mot le discours fallacieux des intellectuels juifs qui, imprégnés du mythe biblique du “bouc émissaire”, le retournent contre leurs ennemis chrétiens dans une inversion accusatoire très caractéristique.

Écoutons René Girard :

“Pour critiquer de façon vraiment efficace les thèmes mythiques du texte antisémite, le mauvais œil, l’inceste, l’empoisonnement des fontaines, il faut être capable d’y reconnaître les accusations typiques d’une certaine violence collective. Or, c’est de cette violence collective elle-même que le texte fait état. Cette violence collective, le texte nous dit qu’elle a eu lieu et qu’elle a eu lieu dans des circonstances susceptibles de la provoquer. Les Juifs sont les boucs émissaires favoris de la société médiévale, mais les périodes de persécution intense se produisent presque toujours quand la communauté, pour une raison ou pour une autre, est en crise. La foule rejette sur des victimes impuissantes la responsabilité de son propre désarroi, une responsabilité qui ne peut relever d’aucun individu ou groupe d’individus particulier. La collectivité se donne ainsi l’illusion de reconquérir sur son propre destin une espèce de maîtrise. Le lecteur n’a pas besoin d’être très savant pour comprendre que les représentations fantastiques du texte antisémite, le mauvais œil, par exemple, ne sont pas réelles mais il se garde d’en conclure que toutes les significations du texte son également irréelles. Loin de rendre toutes les représentations également invraisemblables, l’invraisemblance des accusations dont les victimes font l’objet renforce la vraisemblance de la violence collective.” (p. 174).

Pourtant, les accusations d’inceste portées par les chrétiens contre les juifs dès le Moyen Âge, ou encore l’empoisonnement des puits, par exemple, n’ont vraiment rien d’ “invraisemblable”. Un rapport d’Amnesty International montre que dans les années 90, les Israéliens avaient empoisonné des citernes d’eau utilisés par les Palestiniens (cf. Le Fanatisme juif, 2007).

Et pour ce qui concerne l’inceste, nous avons montré dans notre Psychanalyse du judaïsme (sur trois livres) combien c’était une question récurrente dans la littérature juive et que ce n’était pas simplement une théorie freudienne. C’est précisément parce que René Girard n’a rien compris au judaïsme que sa critique de la psychanalyse est aussi fadasse, et même ridicule. Les intellectuels juifs doivent sans doute rire en lisant ces penseurs chrétiens qui tentent de démêler leurs constructions talmudiques.

Avec ses phrases de cinquante kilos, lourdes comme des sacs de ciment, et sa complaisance injustifiable pour la secte, René Girard n’est évidemment pas parvenu à nous réconcilier, ni avec la philosophie, ni avec ce christianisme moderne qui semble recroquevillé sur lui-même et qui n’en finit plus de ratiociner, prisonnier qu’il est de ses chaînes hébraïques. Hervé Ryssen