Edgar Morin : l’infatigable camelot du mondialisme

edgar_morin_imageBN01Article de février 2011.

 

Le sociologue Edgar Morin présente en ce moment son nouveau livre, intitulé La Voie, et sous-titré Pour l’avenir de l’humanité. Ce qui est bien, avec Edgar Morin, c’est qu’avec lui, il n’y a jamais de surprise. Depuis trente ans, il rabâche sur toutes les ondes et dans tous les journaux les mêmes idées, invariablement, et avec une constance remarquable : apologie d’un monde sans frontières, tolérance, antiracisme, lutte contre les inégalités et tout le bataclan habituel des penseurs planétariens. « Typiquement juif ! », diront certains. Edgar Morin, né Nahoum, est effectivement un membre de la Communauté Médiatique Internationale, celle qui prêche l’amour, la “Paix” et le métissage un peu partout, mais qui refuse pour elle-même toute idée d’assimilation et n’entend pas du tout se métisser avec qui que ce soit.

Edgar Morin est directeur de recherches émérite au CNRS, le Centre national de la recherche scientifique ; vous savez, cette usine à gaz qui permet à des milliers de “chercheurs” de vivre confortablement, agrippés sur le dos des contribuables français « Penseur trans-disciplinaire et indiscipliné », lit-on au dos de son livre (ça, c’est amusant !) ; docteur honoris causa de vingt-quatre universités à travers le monde. Ce n’est pas rien ! Et pourtant, quand on lit ses livres, on a toujours l’impression d’avoir affaire à une nullité. Comme beaucoup d’autres histrions qui vibrionnent sur nos plateaux de télé, l’homme ne doit son succès, évidemment, qu’à la solidarité communautaire qui anime tous ses petits copains journalistes appartenant au même club que le sien (on parle ici du CNRS).

Dans une vidéo, on le voit derrière le micro de France-Culture avec son ami Stéphane Hessel, l’auteur de la brochure Indignation, qui se vend comme des petits pains azymes depuis quelques semaines. L’ashkénaze et le Séfarade se congratulent l’un l’autre pour leur travail remarquable, la finesse de leurs analyses, le justesse de leur vue. Ce sont deux grands génies qui s’expriment.

Notons que, bien que tous les deux juifs, Edgar Morin et Stéphane Hessel sont de grands contempteurs de l’Etat d’Israël. Ils sont en fait tellement juifs et cosmopolites que c’est à peine s’ils reconnaissent à l’Israël le droit d’avoir un Etat et des frontières. Surtout, ils détestent les racistes et les antisémites, ce qui est bien normal, de leur point de vue. “Morin” explique qu’il n’a jamais varié sur ses convictions planétariennes : « On a été résistants, ce qui veut dire qu’on avait de grandes aspirations et de grandes espérances. »

 

 Etes-vous plus français que lui ?

On sait que dans leurs livres, les auteurs cosmopolites commencent souvent par nous dire qu’ils sont français, et pas qu’un peu : français jusqu’au bout des ongles ; il n’y aurait pas plus français qu’eux. Mais au fil de la lecture, leur prose emporte toujours le lecteur vers l’idée de la disparition des frontières, du métissage généralisé (c’est un discours réservé à l’exportation) et de l’unification mondiale. La volonté d’édifier des sociétés multiculturelles partout dans le monde est chez eux une constante. C’est même le dénominateur commun de tous les intellectuels juifs. Qu’ils soient de droite ou de gauche, marxistes ou libéraux, athées ou religieux, sionistes ou antisionistes, ils sont tous bien d’accord sur ce point. Il faut donc le dire et le répéter : le judaïsme est d’abord et avant tout un projet politique.

Dans l’introduction de son livre, Edgar Morin nous avoue ses préférences : « Tout en me sentant enraciné français, et n’ayant jamais personnellement subi de rejet, je sentais une différence qui me rappelait continûment une presse agressive à l’égard des juifs, des métèques, des émigrés, méprisante envers les Noirs et les Jaunes, ce qui me rangeait du côté des exclus dont je me sentais alors frère. » (page 9). Ce type de témoignage correspond d’ailleurs à ce que nous avons l’habitude de lire chez les intellectuels juifs. “Morin” ajoute, sans surprise : « C’est tout naturellement que dans les années tourmentées de l’avant-guerre, je devins sensible aux idées de fraternité internationales. » A l’époque, le communisme de “fraternité internationale” avait triomphé en Russie, en piétinant trente millions de cadavres chrétiens, et ce, grâce à tous les petits “Edgar Morin” illuminés par leurs utopies universalistes.

Son engagement dans la Résistance fut évidemment motivé en premier lieu par son combat contre l’antisémitisme. L’amour de la France est ici accessoire, mais très utile pour galvaniser les goys dans le combat contre “le Mal” : « A vingt ans, sous l’occupation nazie, je me suis engagé non seulement pour libérer mon pays, mais dans ce que je croyais être la lutte grandiose pour l’émancipation de l’humanité entière. » (page 10). Comme il ne cite aucun fait d’armes où il se serait illustré, on devine qu’il était resté dans les bureaux. En 1945, il était attaché à l’état-major de la première Armée française. L’année suivante, il était chef du bureau “Propagande” au Gouvernement militaire français. C’est effectivement sa spécialité.

 

Unifier la terre, par tous les moyens 

C’est une idée qui revient tout au long de son livre, de manière lancinante. « LaFAO, l’OMC, l’Unesco ne sont que des embryons d’institutions dont pourraient disposer une société-monde », écrit-il (page 19). Et encore : « De nouvelles diversités sont en germe ou en formation dans le devenir métissé de l’humanité. » (page 54). Il faut « chercher à faire de nos différences (ethniques, raciales, culturelles, économiques) une richesse, et non un appauvrissement. » (page 200). Ca n’arrête pas !

Comme il sait bien que la mondialisation n’a entraîné jusqu’à présent que des malheurs, “Morin” utilise un subterfuge pour faire avaler la pilule à son lecteur un peu naïf : « La globalisation, écrit-il, constitue le pire qui soit advenu à l’humanité. » Voilà qui nous rassure. Mais il ajoute immédiatement : « Il faut dire également qu’elle en constitue le meilleur. Le meilleur est qu’il y ait désormais interdépendance accrue de chacun et de tous, nations, communautés, individus, sur la planète Terre, que se multiplient symbioses et métissages culturels en tous domaines. » Et c’est reparti : « Le meilleur est que les menaces mortelles et les problèmes fondamentaux créent une communauté de destin pour l’humanité entière. » (pages 29, 30).

On doit aussi comprendre que le métissage et l’unification mondiale sous la férule d’on ne sait quelle “hyper-classe”, serait aussi une garantie pour la liberté et l’indépendance des peuples. C’est encore une idée paradoxale, mais on sait que les intellectuels juifs aiment manier le paradoxe. Edgar Morin envisage ainsi « La Terre comme patrie sans que celle-ci nie les patries existantes, mais au contraire, les englobe et les protège. » Il est malin comme un singe, Edgar !

Il faudra tout de même faire attention, car les « ennemis de l’humanité » sont tapies dans tous les recoins et attendent leur heure. On reconnaît l’inversion accusatoire, classique chez l’intellectuel juif : « Les barbares, ennemis d l’humanité, sont aujourd’hui en activité éruptive. » (page 29).

Voyez encore les manières de ce camelot ambulant pour nous vendre son élixir miraculeux. Il y a certes un risque, prévient-il, mais ce que nous avons à y gagner n’est rien moins que la “Paix” universelle et la prospérité : « Ainsi, la mondialisation est à la fois le meilleur (la possibilité d’émergence d’un monde nouveau et le pire (la possibilité d’autodestruction de l’humanité). Elle porte en elle des périls inouïs ; elle porte aussi en elle des chances inouïes. Elle porte en elle la probable catastrophe ; elle porte aussi en elle l’improbable mais donc possible espérance. » (page 30). Nous avons ici toute l’eschatologie juive exprimée en une seule phrase.

Une nécessité absolue

A l’instar de ses congénères (cf. Rivarol du 14 janvier), Edgar Morin entend nous faire croire que le “gouvernement mondial” serait maintenant une nécessité, même s’il prend soin de ne jamais utiliser ce terme, de crainte de choquer son lectorat : « Il y a contradiction, dit-il,  entre les souverainetés nationales, encore absolues, et la nécessité d’autorités supra-nationales pour traiter les problèmes vitaux de la planète. » (page 30).

Quel que soit le problème, notre camelot nous apporte la solution. Les difficultés des éleveurs bretons ou des céréaliers de la Beauce ? Il faut un gouvernement mondial. La pollution atmosphérique au-dessus de Pékin ? Il faut un gouvernement mondial. Le trou dans la couche d’ozone ? Il faut un gouvernement mondial, etc. Ecoutons parler l’oracle : « Le problème de l’agriculture est un problème planétaire indissociable de ceux de l’eau, de la démographie, de l’urbanisation, d écologie (changements climatiques)… » (page 210). Le syndicalisme ? « Les accords-cadres mondiaux sont les précurseurs d’une mondialisation du dialogue social où seraient énoncés les droits et intérêts des travailleurs organisés en fédérations syndicales de compétence mondiale. » (page 249).

Edgar Morin est aussi très généreux avec les déshérités du tiers-monde : « L’accès à la médecine et le droit à la santé devraient être inscrits parmi les droits humains fondamentaux et intégrés parmi les problèmes majeurs de la politique internationale. » (page 180). En clair, on prendra le pognon dans la poche des Blancs, et on le distribuera partout sur la planète. Ensuite, on organisera une grande fête… au siège du gouvernement mondial.

La Paix sur terre

Pour parvenir à instaurer la “paix” sur terre (shalom), une paix qui devra être absolue, universelle et définitive, il faut araser toutes les différences entre les hommes : supprimer les frontières, détruire les races, les nations et tous les particularismes. A une autre époque, les intellectuels juifs comme Edgar Morin étaient des bolcheviks (Marx, Trotsky, Lukacs, etc.), qui eux aussi, rêvaient d’un monde parfait, où il n’y aurait plus de différences entre les hommes, plus de classes sociales : ce fut le plus grand massacre de l’histoire de l’humanité, après la révolution chinoise.

Pareillement, les féministes, du type d’Elisabeth Badinter et de quelques autres, entendent aplanir  les différences entre les sexes. Là encore, Edgar Morin signe son appartenance : « L’homme porte en lui des potentialités féminines occultées ou inhibées, écrit-il, comme la femme porte en elle des potentialités masculines occultées ou inhibées. » (page 260). Il y a du « féminin dans le masculin » et du « masculin dans le féminin ». Mais notre sociologue n’a pas osé ici pousser plus loin, comme l’avait fait la Badinter, qui elle, envisage « l’homme enceint » !

La destruction de la famille patriarcale fait aussi partie du programme. Edgar Morin balance ici le petit couplet habituel sur l’homosexualité : « Les couples homosexuels, masculins ou féminins, assument pleinement la qualité de père et de mère. » (page 280).

A la fin de son ouvrage, “Morin” nous redit une fois encore ses convictions planétariennes : « Chacun peut aujourd’hui agir pour l’humanité… et s’inscrire en elle comme citoyen de la Terre-Patrie. » (page 277). Et c’est le même gus qui se déclarait « enraciné français » au début de son livre ! Comme Stéphane Hessel, Edgar Morin est en fait un “citoyen du monde” revendiqué. Par conséquent, il nous semblerait logique de lui retirer sa carte d’identité française et de lui en redonner une autre, frappée de cette mention “citoyen du monde” ; ou “juif”, si vous préférez.

On se souvient qu’un jour, dans une émission littéraire, sur le plateau de Bernard Pivot, le journaliste Jean-Edern Hallier, exaspéré par la sous-littérature qui a envahi nos librairies, avait jeté un livre en l’air, par dessus son épaule. Bernard Pivot s’était alors récrié : « Respectez les livres ! »

Mais on ne voit pas bien pourquoi un livre devrait être respecté en tant que tel. Il y a de bons livres, et il y a aussi de mauvais livres. Surtout, il y a des livres sains, qui nourrissent l’esprit et élèvent l’âme, et il y a des livres malsains, produits par des esprit malsains. Et ces livres-là, il ne faut pas seulement les jeter par-dessus son épaule.

Hervé Ryssen