Yann Moix : le goy qui voulait être juif

Yann MoixYann Moix est le réalisateur du film Podium, entre autres. Il est aussi écrivain, paraît-il, mais est surtout connu aujourd’hui pour être un proche de Bernard-Henri le Lévy. Il publie d’ailleurs régulièrement sur le site internet du philosophe milliardaire (La Règle du j.), et on imagine qu’il en retire un certain bénéfice.

Ce 6 juin 2013, jour de la mort d’un jeune militant antifasciste nommé Clément Méric, Yann Moix a publié un article finement intitulé “l’extrême droite est la mort”. Voici ce qu’on peut y lire, par exemple :

“La vermine d’extrême-droite se reconnaît à ceci qu’elle ne meurt jamais ; elle est en veille. Toujours prête à disséminer son choléra. L’extrême-droite n’est pas même là pour donner la mort, injecter la mort, prodiguer la mort, comme hier encore envers une petite victime appelée Clément Méric, non : l’extrême-droite est la mort. De la mort en vie, si l’on veut. De la mort baraquée, de la mort en groupe, de la mort aux aguets, non pas seulement ennemie de ce qui pense différemment, mais ennemie de ce qui pense tout court. Non pas seulement haineuse de ce qui est différent, mais haineuse de ce qui est. Non pas seulement ignoble envers ceux qui sont nés ailleurs et vivent ici, mais ignoble envers ceux qui sont nés et qui vivent. L’extrême-droite ne tue pas : elle est elle-même le meurtre. Meurtre contre tout ce qui est innocent, contre tout ce qui est inoffensif, contre tout ce qui est seul, contre tout ce qui est faible, contre tout ce qui ne demande rien à personne.”

On admire au passage la subtilité de la pensée.

Un peu plus loin, il écrit encore, visiblement inspiré par la prose du mythomane Elie Wiesel : “L’extrême-droite ne parle pas, elle crache des mots qui sont pire que le silence, qui lui est parole.”

C’est beau, non ? 

Emporté par cet élan lyrique, Yann Moix nous balance ses injures, suivant en cela son maître, Bernard-Henri le Lévy, qui adore lui aussi user de l’invective et de la calomnie, comme tout bon intellectuel cosmopolite : “L’extrême-droite, ce ne sont pas seulement des groupes ou des groupuscules éparpillés : mais un poison qui coule, partout où il peut couler ; une viscosité, une bave qui slalome entre les espaces. Ce poison, cette saloperie, cette vermine n’attendait qu’une occasion de légitimer sa haine de la vie.”

 

Yann Moix, lui, n’est pas né juif, comme son mentor. Il est devenu juif par l’étude, et non par l’éducation. Dans le magazine Actualité juive, il écrivait ainsi : “Je défends la liberté d’avoir le droit d’être juif intellectuellement, sans avoir de mère juive. Depuis deux ans, j’étudie le talmud et la thora. Je suis juif par le cerveau.

Nous avons donc affaire ici à quelqu’un de censé, et non à un homme sorti d’une cure de psychothérapie. Dans le Figaro du 24 février 2009, il rendait compte de l’avancement de sa judéité et la transformation radicale de son identité : “Quand on est juif, on est toujours juif d’abord. Et français, canadien ou marocain, ensuite. C’est cela que les Juifs paient tous les jours. Tel est leur destin. C’est de cela, aussi, qu’ils doivent être fiers.

Mais il ajoutait, comme si quelque chose lui avait détraqué le cerveau au fil de ses études : Le monde comprendra-t-il, demain, que sans les Juifs il court à sa perte ? Oui : sans les Juifs, nous sommes perdus. Et l’humanité suicidaire le sait. C’est pourquoi, inventant sans cesse des tortures nouvelles, elle continue de les persécuter.

C’est là que l’on se rend compte que la judéité s’est transformée en judaïte, comme le dirait Albert Memmi.

 

Sur le site “la règle du j”, en date du 10 février 2011, Yann Moix publiait un article intitulé La définition du juif. On y trouve des aphorismes, assez classiques dans la littérature juive, telle que celle-ci : On ne peut (en attendant) qu’encadrer la définition du mot juif. Ben Gourion : “Il y a cinq cents définitions du mot juif”. Sa définition, sa signification sont asymptotiques ; plus on cherche à l’approcher (à l’appréhender), plus il s’éloigne (plus il se refuse).

Sur ce même site, Yann Moix écrivait, le 4 février (prenez une grande respiration) : “Quand on dit que le Messie doit venir aujourd’hui, on dit vrai. Mais on ne dit pas que cet aujourd’hui du Messie est situé aujourd’hui. C’est un aujourd’hui qui se réserve la possibilité d’avoir lieu demain… L’aujourd’hui du Messie ne dépend ni d’hier, ni d’aujourd’hui, ni de demain. L’aujourd’hui du Messie était déjà un aujourd’hui hier ; il est toujours un aujourd’hui aujourd’hui ; il sera encore un aujourd’hui demain.

Cette fois, c’est bon : il est devenu complètement juif !

Hervé Ryssen