Les grosses ficelles de Goldnadel

GoldnadelArticle déjà publié en février 2011, sur un blog depuis censuré.

L’avocat Gilles-William Goldnadel, connu pour ses prises de positions très pro-israéliennes et très “droitières” à l’égard des “jeunes délinquants de banlieues”, vient de publier un livre intitulé Réflexion sur la question blanche, sous-titré Du Racisme blanc au racisme anti-blanc : de quoi ravir tous les petits Blancs, trop longtemps humiliés.

Cependant, le lecteur averti, qui connaît le rôle joué par la communauté juive dans la politique d’immigration de ces dernières décennies, avancera avec la plus grande circonspection. On se demande en effet ce qui nous vaut cette touchante sollicitude de la part d’un homme qui revendique haut et fort son appartenance à une secte qui, à travers les associations antiracistes comme La Ligue des Droits de l’Homme, la Licra ou SOS racisme, a tant contribué à salir notre histoire, à nous calomnier et à nous discréditer de toutes les manières possibles.

Il est vrai que depuis une dizaine d’années, maintenant, certains juifs se sont rendus compte que le problème numéro un, pour eux, ne venait plus de “l’extrême droite” blanche mais de ces jeunes Afro-maghrébins agressifs qui ont colonisé nos banlieues. Gilles-William Goldnadel fait donc partie de ces juifs qui viennent maintenant draguer les milieux nationalistes, en espérant que nous allons oublier illico tous les outrages que sa communauté nous a infligés.

Le scénario qui se déroule est donc un peu le même que celui qui a eu lieu dans l’Espagne musulmane. Au VIIIe siècle – et tous les historiens juifs sont d’accord sur ce point – les juifs de la péninsule ont tout fait pour favoriser la conquête de l’Espagne par les musulmans, qu’ils savaient plus conciliants et plus dociles que les chrétiens. Les juifs ont ensuite vécu dans la prospérité pendant des siècles, occupant de très hautes fonctions dans les gouvernements musulmans successifs, quand les chrétiens rampaient à leurs pieds. C’est ce qu’ils appellent “l’âge d’or” de l’Espagne des trois religions. Cette situation perdura jusqu’au milieu du XIIe siècle. A ce moment-là, l’Espagne fut envahie par les Almohades, venus du Maroc, qui ne tolérèrent plus les richesses de nombreux juifs et l’influence qu’ils avaient acquise. Certains juifs s’exilèrent. L’historien juif Heinrich Graetz écrit ici : « Les autres se firent musulmans en apparence et pratiquèrent en secret le judaïsme, attendant une occasion favorable pour revenir publiquement à leur ancienne religion. » (Cf. L’Histoire de l’antisémitisme, 2010, 28 € port compris, Hervé Lalin, 14 rue Brossolette, 92300 Levallois). Parmi les juifs qui choisirent l’exil, nombreux furent ceux qui se réfugièrent alors dans l’Espagne du Nord, dans les royaumes chrétiens qu’ils avaient trahi quelques siècles plus tôt, arguant auprès des princes que maintenant, c’est sûr, on pouvait leur faire confiance. Le revirement politique de ces juifs qui se rapprochent aujourd’hui de l’extrême droite, est donc évidemment un calcul qui correspond surtout aux intérêts bien compris de leur propre communauté, et non de la nôtre.

Mais revenons au livre de Gilles-William Goldnadel. Si quelques vérités bien senties peuvent satisfaire un esprit nationaliste, d’autres propos nous rappellent que c’est bien un juif engagé qui nous parle, et non un homme de notre terroir. Considérons d’abord que les 65 premières pages sont consacrées à son enfance en Normandie, à son identité juive et aux brimades auxquelles un petit juif est confronté quand ses parents décident de s’installer au beau milieu des goys. Goldnadel explique que son éducation avait fait de lui un vrai juif, qui préférait naturellement les Noirs, les Peaux-Rouges ou les Arabes à n’importe quel salaud de Blanc catholique. « J’aurais été, bien sûr, antifasciste et antinazi pendant les années trente. » (page 21). A vrai dire, on s’en serait douté. Par la suite, Goldnadel fit de nombreux voyages en Israël, le pays de son cœur, où il pouvait vivre parmi les siens.

Les considérations sur le racisme anti-blanc ne représentent somme toute qu’une partie de son ouvrage. Goldnadel commence par recenser les crimes de l’homme blanc : Indiens d’Amérique massacrés par les Espagnols et les Anglo-Saxons ; massacre des Noirs du Congo par les colonisateurs belges ; répression française contre l’insurrection malgache, etc. Puis il retourne ses batteries et dénonce ce qu’effectivement les élites bien-pensantes de gauche n’évoquent jamais : les crimes commis par les peuples du “Sud”, qui valent bien, après tout, ceux qu’ont pu commettre nos propres ancêtres. Les chrétiens ne seraient donc pas les seuls coupables de l’histoire. Le trafic d’esclaves africains, par exemple, est surtout le fait des Arabes, qui ont effectivement été les esclavagistes les plus assidus, puisqu’ils ont continué leur commerce pendant pas moins de onze siècles. Goldnadel aurait aussi pu nous parler, par la même occasion, du rôle épouvantable des négociants juifs dans cette affaire, mais c’eût été trop lui demander. Pareillement, au sujet du trafic des captifs slaves dans l’Europe du Moyen Age, il nous parle de trafiquants « francs et scandinaves » (c’est au IXe siècle que le mot slavus – les slaves – remplace le mot servus), alors même que tous les chroniqueurs de l’époque font état du rôle prépondérant, voire exclusif, des commerçants juifs, qui emmenaient leur bétail humain vers les pays musulmans (cf. L’Histoire de l’antisémitisme, 2010).

Son livre est en fait surtout, comme on pouvait s’y attendre, une dénonciation de l’islam. Goldnadel, qui tente d’enrôler les chrétiens dans sa croisade, rappelle le sort des Arméniens exterminés par les Turcs, les Russes réduits en esclavage par les Tatars de Crimée, les massacres des chrétiens au Soudan, les exactions contre « les juifs et les chrétiens » un peu partout en Afrique et en Asie. Tout cela pour nous dire que, tout bien pesé, le juif est la quintessence de l’homme blanc. Il nous avait d’ailleurs prévenu au début de son livre : « Je vais soutenir, preuve à l’appui, que le Juif, autrefois Levantin, est aujourd’hui considéré comme le plus blanc des Blancs. » (page 19). En effet, avec la naissance de l’Etat d’Israël, les juifs apparaissent désormais pour les masses musulmanes comme des conquérants brutaux et dominateurs : « Judas outrecuidant, tu n’es plus enfant d’Orient, tu es le dernier guerrier du couchant. Tu n’es pas qu’un Blanc détestable. Tu es le Blanc le plus pendable. » (page 271). Goldnadel aurait sans doute dû nous expliquer ici le rôle joué par nombre de ses congénères des medias qui nous ont poussé dans les guerres en Afghanistan et en Irak, et qui souhaitent nous jeter aujourd’hui dans une guerre contre l’Iran. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, qu’aux yeux des populations de l’Orient, la figure du juif soit assimilée à celle du chrétien, qui joue toujours le rôle du bouc émissaire, endossant devant l’histoire toutes les turpitudes de son “allié”.

Car “le” juif, lui – il faut le savoir – est innocent par nature : « La Shoah, écrit Goldnadel, a entraîné la mort d’au moins cinq millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils n’avaient pas d’armes. Aucun conflit ne les opposait aux Allemands. Ils ne leur avaient causé aucun tort volontaire. Il s’agit donc, selon moi, du plus grand crime gratuit et froidement exécuté de l’histoire humaine moderne. » (page 247). Nous n’expliquerons pas ici les causes de l’antisémitisme allemand et européen, mais nous renvoyons nos lecteurs à nos six livres de 400 pages sur le sujet, qui permettent simplement de faire le tour de l’extrême pointe du sommet de cette Himalaya.

A la toute dernière page de son livre, s’avisant sans doute que son lecteur pourrait se sentir trompé sur la marchandise, Gilles-William Goldnadel revient à toute vitesse vers son public goy et nous déclare à la hâte, d’une manière presque comique, sa passion pour France, pour les grands personnages de notre histoire, qui, écrit-il, « sentent bon la province et les ouvrages scolaires illustrés : Le Grand Ferré et Jeanne Hachette de Beauvais, Jacques Cœur de Bourges, Olivier, le maître barbier de Chinon. » C’est ce qui s’appelle un sentiment soudain ! comme dirait Cyrano.

Invité le 24 janvier sur la station de radio RMC, à l’émission des “Grandes Gueules”, il expliquait qu’il avait choisi de traiter ce thème du racisme anti-blanc afin de ne pas le laisser à l’extrême-droite : « Laisser ce discours au FN ne peut que le faire grimper. » Il ne reste plus qu’à savoir si le livre de maître Goldnadel va contribuer ou non à faire grimper l’antisémitisme. Ce qui serait dommage, vu tout le mal qu’il s’est donné pour nous plaire. Hervé Ryssen