Bernard Werber et le “Mystère des dieux”

BW

Dans son roman à deux balles intitulé Le Miroir de Cassandre, paru en septembre 2009, Bernard Werber en appelle ouvertement à un gouvernement mondial. Le héros peut voir le futur sans que personne ne le croie. 

On retrouve à la page 485 de ce roman débile quelques-uns des ingrédients du judaïsme – toujours les mêmes, à vrai dire : l’obsession d’un gouvernement mondial, la guerre aux “tyrans”, l’unification du monde, la paix sur terre, l’arasement de toutes les différences, sociales, nationales, ethniques… et toujours ce problème, lancinant chez les juifs : l’inceste et la pédophilie, qui obsédait Sigmund Freud et qui obsède toujours bien des juifs dans le monde entier pour des raisons évidentes. C’est ainsi que certains juifs, parvenus à l’âge adulte, s’imaginent qu’ils sont des “élus” dont la mission est de sauver la planète : « Ouais, il faudrait une Assemblée de Sages avec un pouvoir exécutif réel qui se chargerait d’imposer la paix mondiale… » Cela vous donne une idée du style de Bernard Werber… ce « génie de la littérature. »

On sait que Bernard Werber est un grand génie de la littérature contemporaine. Normal : il est juif ; et les juifs, en littérature, sont à peu près tous des génies.

Cependant, quand on y regarde de plus près, on se rend compte assez rapidement que l’on a ici affaire à une énorme nullité qui ne doit évidemment son succès qu’à la publicité éhontée qu’en font ses petits copains journalistes qui appartiennent à la même secte que la sienne.

Une jeune lectrice du Pays basque nous envoie de larges extraits de son livre, Le Mystère des dieux (2007) qui est le  troisième volume du “cycle des dieux” de Werber :

 

“On est dans une école où des apprentis apprennent à devenir des dieux et à diriger des foules. Ici, nous allons suivre l’évolution du “peuple dauphin” et du “peuple requin”. Le peuple dauphin est en grande difficulté. Son élève-dieu a abandonné son peuple pendant 1500 ans donc là il va essayer de réparer les morceaux. L’élève-dieu décide d’envoyer « 3 « prophètes « laïques » qui vont prôner de vraies révolutions des mentalités. »
Le premier : « Il était issu d’une famille d’hommes-dauphins qui avaient beaucoup voyagé, fuyant les persécutions contre leur peuple. […] Son plaisir était de lire les ouvrages sur l’histoire, l’économie et tout spécialement sur les utopies. […] Il définit l’homme comme un être agissant et non plus comme un être pensant, et devant, en tant que tel, être jugé sur ses actes et non sur ses idées. Ayant accédé au statut de grand reporter, il voyageait, observait, portait un intérêt particulier au monde du travail en pleine restructuration. Il rédigea alors un grand ouvrage qu’il baptisa simplement L’Utopie. Selon lui, la religion et l’Etat étaient des activités ne servant qu’à enrichir des fainéants non productifs et l’homme n’avait besoin ni de prêtres ni de politiciens. Ayant observé que la vie en usine générait automatiquement une opposition entre exploiteurs et exploités, il proposa un nouvel angle de vision de l’histoire. Celle-ci évoluait selon lui par la lutte incessante des exploiteurs et des exploités. Le tout devait aboutir un jour à la disparition de ce clivage pour qu’il n’y ait plus sur terre qu’une masse de gens égaux en droits, en richesse et en pouvoir. […] Des groupes se constituèrent pour commenter sa vision de l’histoire, puis des mouvements politiques se revendiquèrent de sa pensée jusqu’à ce qu’apparaisse un parti égalitaire, qui annonça qu’un jour plus personne ne posséderait plus que son voisin. Le mouvement utopiste était lancé. »

Le deuxième : « Il avait accédé finalement à l’une des facultés de physique les plus prestigieuses du pays. Il rendit alors publique une théorie conçue à partir de ses intuitions propres : il existait un lien entre l’énergie, la matière et la vitesse. Avec vitesse et énergie, il était possible de fabriquer la matière. Avec matière et vitesse, il était possible de fabriquer de l’énergie. Avec énergie et matière, il était possible de fabriquer de la vitesse. Cette loi, il la définit comme « La Loi du Lien » puisque, selon elle, « tout est lié« . On lui attacha du coup le nom de « Liéniste ».

Le troisième : « Lui non plus n’était pas religieux. Lui aussi cherchait à changer les mentalités des gens de son époque. En tant que médecin il se passionnait pour les maladies mentales, et notamment celles que les livres de l’époque regroupaient sous l’appellation de « mélancolie ». Après avoir écrit une thèse sur les effets des drogues et une autre sur l’hypnose, il fit un rêve qui lui sembla apporter une clef à la compréhension de l’esprit humain. Cette clef était que précisément les rêves étaient des messages de l’inconscient. Et qu’en décryptant ces rêves, on pouvait retrouver l’événement déclencheur de la mélancolie. Il rédigea un livre où il expliqua sa théorie sur les rêves : Derrière le masque. Poursuivant son enquête sur les mécanismes profonds du comportement de ses semblables, il s’intéressa aux communautés primitives et aux communautés animales jusqu’à trouver une nouvelle clef dans la sexualité. Pour lui l’action des hormones de reproduction était la motivation principale de la plupart des actes. Il écrivit donc sont deuxième livre : Sexe et pulsion de vie. Poussant encore plus loin son étude, il annonça que la plupart des comportements sexuels des individus étaient liés à leur prime enfance et aux premiers gestes que leur avient prodigués leurs parents. Après son opuscule sur les rêves, puis sur la sexualité, il en écrivit donc un troisième sur l’enfance traumatisée par les parents : L’Empreinte. Il proposa enfin une méthode médicale de soins à partir de l’analyse du passé des individus afin de dénouer les traumatismes liés à l’enfance qui poussaient selon lui à reproduire des schémas d’échec. […] Il fut surnommé « l’Analyste ».

« C’étaient comme trois traînées d’essence qui prenaient feu et transmettaient l’incendie. En parallèle, d’autres chercheurs, issus des communautés survivantes d’hommes-dauphins, lançaient eux aussi des idées pour changer le monde. L’un d’entre eux, baptisé le « Respectueux », inventa les « Droits de l’homme », qui reprenaient le concept des Commandements et permettaient à tout être humain de ne pas être tué, violé, torturé ou humilié. Un autre, baptisé le « Légitimiste », lança le projet de faire revenir tous les hommes-dauphins sur la terre de leurs ancêtres, occupée par les peuples voisins. Même si la capitale des hommes-dauphins n’était plus sous leur administration il y demeurait toujours une communauté vivace des gardiens du message ancien. Le Légitimiste organisa dès lors un grand mouvement qu’il nomma « le retour des poissons sur leur lieu d’origine ». Pour ne pas créer de tensions avec les peuples envahisseurs qui occupaient leur terre ancestrale, les hommes-dauphins commencèrent par s’implanter dans des zones considérées comme insalubres. Ils retroussèrent leurs manches, asséchèrent les marécages, construisirent des systèmes d’irrigation pour reconquérir des terrains désertiques. Les conditions de vie de ces pionniers étaient très rudes mais ils vivaient dans le rêve du retour sur la terre de leurs ancêtres. Il se créa même des villages qui, dans l’esprit de l’Utopiste, fonctionneraient en mode égalitaire, sans exploiteurs ni exploités, sans religion et sans chefs. Dans ces villages à référence utopiste entretenus par les pionniers dauphins, il n’y avait pas d’argent, pas de police, pas de propriété. Tout appartenait à tous. Les bénéfices issus de l’activité agricole ou industrielle appartenaient à la collectivité et chacun recevait en fonction de ses besoins et non en fonction de son mérite. Ces communautés « utopistes égalitaires » attiraient beaucoup de jeunes hommes-dauphins qui voyaient dans ces projets une nouvelle manière d’assumer leur identité. Ils se remettaient à parler la langue ancestrale, ils redécouvraient l’histoire de leurs parents, ils puisaient dans la sagesse ancienne de nouvelles valeurs pour vivre dans la modernité. Au sein de ces villages les fêtes étaient quotidiennes, les moeurs très libres. Bientôt beaucoup de jeunes issus de peuples autres que les dauphins vinrent les rejoindre pour partager leurs rêves, et faire la fête. Le soir, au coin du feu, dans les villages de pionniers en terre dauphin, après les travaux épuisants, tous parlaient de désarmement mondial, d’écologie, d’amour libre, de la disparition de l’argent, de nouvelles manières d’éduquer les enfants sans violence. Ils avaient l’impression que cette vision nouvelle deviendrait contagieuse et qu’un jour le monde entier serait naturellement amené à vivre comme eux. Alors l’humanité ne serait plus qu’une grande communauté hippie égalitaire où tout le monde ferait la fête. »

Mais le hommes-dauphins vont être les victimes des méchants hommes-requins. Le lecteur retient son souffle, dans le suspens est grand :
 » – Tout ça, c’est de la faute aux hommes-dauphins !
Le petit homme nerveux, barbiche au menton, juché sur la table, ne décolérait pas.
– Ces chiens d’hommes-dauphins ont créé le mouvement utopiste qui a contaminé l’esprit de nos enfants et mis en danger notre pays. Les hommes-dauphins sont nos ennemis. Ils se servent de leurs arts, de leur culture, de leur science et de leurs livres pour répandre leur pensée dégénérée. […] Ils sont la cause de tous nos problèmes. Il faut les tuer. Il faut les tuer tous autant qu’ils sont. Délivrons notre pays de ce fléau. Débarrassons-en le monde ! Qu’il n’en reste plus un seul de vivant ! […]
Au début, les harangues de ce petit homme barbichu ne suscitaient que des quolibets et pour finir le lancement de projectiles. Mais le pays des hommes-requins s’enfonçait dans une crise sociale due à une croissance démographique inadaptée à la croissance économique. Une nouvelle classe de pauvres créait une insécurité générale. Un industriel en métallurgie lassé des conflits à répétition avec ses ouvriers de plus en plus conquis par la pensée égalitaire de l’Utopiste entendit le discours du barbichu dans la taverne. Il le suivit dans la rue.
– Vous êtes un visionnaire. Vous avez repéré la vraie cause et vous proposer la bonne solution. La propagande dauphin a assez fait de mal parmi les naïfs et les ouvriers. Il faut arrêter cette calamité d’une manière ou d’une autre. Croire que les hommes sont égaux c’est bien l’idée la plus stupide qui soit. Ca a donné la révolution en Oursie et leur pays est du coup dans la famine. Et il paraît que les pionniers en territoire dauphin vivent dans la débauche sexuelle permanente. Moi non plus je n’aime pas les dauphins. Je vais vous prêter quelques gars et j’aimerais bien que vous leur fassiez comprendre, à ces étrangers, que ce ne sont pas eux qui vont faire la loi dans notre pays. En fait ce que je vous demande c’est un travail de… nettoyage. […]
Ils se livrèrent à de grands autodafés sur les places publiques. Ils y brûlaient les livres écrits par les hommes-dauphins et tout particulièrement ceux de l’Utopiste, de l’Analyste et du Liéniste, ces derniers étant baptisés par le Purificateur les « Trois Cavaliers de l’Apocalypse ». […]
Dans les tavernes, […] le barbichu […] parlait de plus en plus fort. […]
– Je vous promets que si vous m’aidez à arriver au pouvoir, il n’y aura plus de pauvres requins qui mendient alors que des riches dauphins paradent. Nous prendrons chez eux l’argent qu’ils ont volé au peuple. Pas un n’en réchappera.
Avec ces hommes de main, le Purificateur attendait devant les temples dauphins pour insulter et frapper tous ceux qui en sortaient. Ils allaient briser les vitrines des magasins censés être tenus par des hommes-dauphins. Cependant le gouvernement requin malgré ses difficultés politiques et économiques ne pouvait accepter autant de violence gratuite. Le Purificateur fut arrêté en tant qu’agitateur de rue. Il resta deux ans en prison où, profitant de son temps disponible, il rédigea Ma Vérité un ouvrage qui présentait son projet de purification du monde par la mise à mort systématique de tous les hommes-dauphins. Il y définissait ses critères : « Seront considérés comme dauphins tous ceux qui sont nés dauphins, cousins de dauphins, maris ou femmes de dauphins, et ce jusqu’au sixième degré de parenté. Un cousin de cousin de cousin de dauphin est un dauphin et mérite d’être traité en tant que tel. » Le Purificateur proposait l’élimination de tous les utopistes et l’esclavagisation de tous les peuples non requins. « Les étrangers seront sommés d’oeuvrer pour la gloire des requins. Ils devront se soumettre ou périr », précisait-il. Il promettait la prépondérance de la pensée et la culture requins sur toute la planète. Et il concluait afin de rallier les mystiques : « C’est un message de Dieu que j’ai reçu en rêve et je compte bien le réaliser. » […]
Alors que le zèle dans le pays voisin, la Coquie, le président de la République, comme par hasard d’origine lointaine dauphin, proposait un vote sur les droits de l’homme et la proposition d’un désarmement mondial, en Requinie tout allait en sens inverse. […] Le Purificateur fut dès lors imposé comme Premier Ministre. Du jour au lendemain, grâce à des lois d’exception, les hommes-dauphins furent chassés de toutes les administrations. Il leur était interdit d’accomplir certains métiers considérés comme stratégiques. Les professeurs dauphins furent tous limogés. L’accès aux universités fut coupé aux étudiants « mal nés ». Mais le Purificateur ne s’en tint pas là. Il fit discrètement construire des usines inspirées des abattoirs d’animaux pour déporter puis tuer les hommes-dauphins. Sa haine envers ce peuple était si forte qu’il chercha les moyens de le faire souffrir au maximum par des privations et des humiliations avant de l’achever dans ces usines de mort. […] Le nouvel empereur des requins semblait invincible. Beaucoup se préparaient déjà à son règne planétaire ainsi qu’à l’hégémonie du peuple des requins alors que l’on prévoyait l’anéantissement total de toute la population des hommes-dauphins du monde. […]

 

Conditionnés depuis leur plus jeune âge pour se sacrifier à la cause purificatrice, ils étaient fascinés par leur dictateur. Un conditionnement spécial et un lavage de cerveau permanent les préparaient à ne vivre que dans la haine des dauphins. Les abattoirs humains augmentèrent leur vitesse de tuerie. C’était désormais une course contre la montre. Sur le front de l’ouest, les soldats requins furieux de leurs défaites à répétition enfermaient les civils dans les églises puis les incendiaient pour les brûler vivants. Les arbres du front de l’est étaient garnis de civils oursiens pendus comme des fruits sinistres. Les enfants requins étaient enrôlés dès l’âge de 9 ans dans des troupes de fanatiques kamikazes qui se faisaient exploser au contact des troupes adverses en criant : « Gloire au purificateur ! A mort les Dauphins ! » Même si la victoire avait l’air de changer de camp, la progression des troupes aigles étaient difficile. Les usines de mort antidauphins tournaient à plein régime et leurs cheminées lâchaient les nuages noirs des corps brûlés. […] Jusqu’à la dernière heure les usines de mort antidauphins fonctionnèrent, et même après la signature de l’armistice des requins zélés, feignant de ne pas avoir reçu les ordres, continuèrent à tuer le maximum de dauphins. La paix revenue, on découvrit progressivement l’étendue de la furie et de la haine des antidauphins. »

 

Et voilà. Evidemement chacun aura compris que Bernard Werber est lui-même un homme-dauphin. Et comme tous les hommes-dauphins, il a une légère tendance à tourner en rond dans son grand bocal. Il faut dire qu’avec un aileron coupé, ça n’arrange pas les choses.

Un grand merci à Cécile, qui nous a épargné la lecture de ce poisson-chat de la littérature, et avec un salut amical à nos lecteurs du Pays basque.

 Hervé Ryssen

P. S. : Ce que nous publions sur ce blog n’a été imprimé dans aucun de nos livres ; et il n’est pas dans nos intention de compiler tous ces articles pour en faire un : trop facile !