André Glucksmann et les oligarques

Andre-GlucksmannC’est une partie d’un long article publié dans l’hebdomadaire Rivarol de novembre 2010:

Le philosophe André Glucksmann s’est illustré  dans une pleine page du journal Libération, en date du 5 novembre 2010. Glucksmann, l’ancien maoiste, y défend bec et ongle l’ancien milliardaire Khodorkovski, qui est emprisonné depuis sept ans en Russie pour évasion fiscale. L’homme passe en procès et risque de finir sa vie derrière les barreaux. Il est accusé d’avoir détourné des millions de tonnes de pétrole lorsqu’il était président de Yukos, la première société pétrolière de Russie.

Après la chute de l’Union soviétique, on sait qu’une poignée de milliardaires – juifs, pour la plupart (Berezovski, Khodorkovski, Goussinski, Tchernoï, Nevzline, etc.) – avaient mis le grappin sur la quasi totalité des richesses du pays, et régnaient par la terreur et la corruption (cf. notre chapitre in La Mafia juive, 2008).

On rappelle (simple mesure de précaution contre les ligues juives antiracistes) que dans le Figaro du 8 novembre 2003, Véronique Soulé écrivait : « les oligarques avaient acquis leur immense fortune en violant la loi », et ajoutait un peu plus loin : « Khodorkovski, comme nombre d’oligarques, est d’origine juive. »

Dans Libération, pareillement, on pouvait lire, sous la plume d’Hélène Despic-Popovic, en date du 19 juillet 2003 : « Neuf Russes sur dix pensent que les fortunes actuelles ont été mal acquises et plus d’un sur deux approuvent le recours à des procédures judiciaires ». Et la journaliste ajoutait : La « campagne passe d’autant mieux dans une société contaminée par des relents d’antisé­mi­tisme qu’une bonne partie des oligarques sont juifs. » Et toc.  

« Tous ces millionnaires recherchés par la justice russe sont d’origine juive », lisait-on dans Le Monde du 29 avril 2003. Effectivement, après son arrivée au pouvoir, Vladimir Poutine avait pris le dragon par les cornes et l’avait terrassé sans coup férir, obligeant les milliardaires juifs à décamper en Angleterre et en Israël. C’est ce qui faisait dire à l’oligarque Leonid Nevzline que la politique du Kremlin était « animée de forts relents d’antisémitisme ». « Poutine n’a pas d’amis en Israël », insistait-il. A notre sens, c’est plutôt une estampille de qualité !  

Dans le Figaro, à l’instar de Glucksmann, la petite Laure “Mandeville” prend elle aussi systématiquement fait et cause pour le milliardaire cosmopolite, allez savoir pourquoi. Dans le numéro du 17 mai 2005, elle relatait le premier procès du financier. L’affaire Yukos, selon elle, « ternis­sait » l’image de Moscou, et Mikhaïl Khodorkovsky devenait ainsi, sous sa plume, une pauvre victime du fascisme. On apprenait néanmoins que sa fortune était estimée à 15 milliards de dollars.  

Glucksmann, lui, fait jouer la solidarité communautaire. Pour lui, Khodorkovski est forcément innocent. 218 millions de tonnes de pétrole dérobées, ce n’est pas crédible. C’est ce que déclare le prisonnier à la barre : « Merci au procureur qui fait la preuve de mon innocence, ironise le prévenu ; une personne normalement constituée ne peut croire à tant d’absurdité. » Effectivement, le principal grief que l’on peut faire aux arguments des antisémites déclarés, est qu’ils ne sont pas “crédibles”. Ce qui ne signifie pas qu’ils ne disent pas la vérité. Le fait est que trop souvent, en la matière, on se rapproche de la vérité en imaginant le pire.  

Que Bernard Madoff se soit récemment rendu coupable d’une escroquerie de 75 milliards d’euros, ce n’est effectivement pas crédible. Ça semble incroyable ! Cinq cents fois plus que l’escroquerie du Sentier, dis-donc ! Dix mille fois plus que le score de Jacques Crozemarie dans sa lutte contre le cancer (50 millions d’euros volatilisés) ! Vingt mille fois plus que l’escroquerie de Claude Lipsky (seulement 500 victimes) ! Incroyable ! Pas crédible !  

Pour Glucskmann, l’ex-oligarque a déjà été « puni injustement par sept années de bagne sibérien » et il serait temps pour la Russie de « rassurer les investisseurs étrangers ». Et voici un autre bel exemple d’inversion accusatoire : la Russie de Poutine serait, selon lui, « une contrée pourrie par la corruption générale et l’arbitraire cupide d’autorités kleptocrates. » En réalité, c’est la Russie de Boris Eltsine, le pantin des oligarques, qui était pourrie jusqu’à l’os par la corruption ; et c’est bien Vladimir Poutine qui a remis de l’ordre dans le pays en brisant la puissance politique des milliardaires juifs.

Dans la foulée, Glucksmann prétend que Khodorkovski avait autrefois œuvré pour émanciper la Russie « de ses mafias politico-économiques », lui qui était au cœur du système mafieux ! Et il ne s’agissait pas de la mafia sicilienne ni de la mafia albanaise. Le verdict du deuxième procès de Khodorkovski sera prononcé le 15 décembre. Glucksmann ne craint pas le ridicule en comparant l’ancien requin de la finance et du pétrole à … « un mélange de Monte-Cristo et de Nelson Mandela… “Un Robin des bois”, me disait, peu de temps avant d’être abattue, Anna Politkovskaïa. »

Il aurait pu aussi nous parler de l’amitié qui liait Khodorkovsky avec Richard Perle, un des “faucons” sionistes de la Maison Blanche, et un des principaux artisans de l’invasion de l’Irak en 2003. Grâce à Poutine, cette mafia a eu en Russie la leçon qu’elle méritait. Gloire à Vladimir le Grand ! Hervé Ryssen

 

Photo ci-dessus : André Glucksmann, quelques jour avant sa déportation.