Serge de Beketch : un esprit français

serge de beketch 8Serge de Beketch, cofondateur de radio Courtoisie, et du Libre Journal, est décédé le 6 octobre 2007. Voici l’article que nous avions écrit à cette occasion. Hervé Ryssen

Serge de Beketch était assurément un homme d’exception. Il n’était pas seulement à nos yeux un formidable animateur de radio, mais aussi et surtout, un redoutable polémiste et un écrivain de toute première catégorie. Pour notre bonheur, il avait mis ses magnifiques talents de plume au service du bon, du beau et du bien, s’acharnant, dans chaque numéro de son libre Journal, à faire reculer les folles prétentions des partisans de la laideur et de l’injustice.

Il prenait manifestement un grand plaisir à écrire et à peaufiner ses éditoriaux, régalant ses lecteurs de formules cocasses et originales, suscitant des images inattendues et surprenantes. Il s’en donnait alors à cœur joie, faisait valser allègrement le personnel politique de la république, ridiculisait tous les petits marquis de la grande presse et de la télévision. Serge de Beketch ne semblait craindre rien ni personne, et surtout pas les juges, les flics et les gardiens de camps de l’idéologie dominante.

Voici ce qu’il écrivait dans son éditorial du 24 avril 2004, alors qu’une fois encore, il venait d’être entendu par la police pour « diffamation et incitation à la haine raciale » :

“En bientôt quarante ans de journalisme, j’ai, sur les mêmes imputations mensongères, subi une trentaine de condamnations qui sont autant de motifs de fierté.”

Et il ajoutait, le plus naturellement du monde : “Et l’on croit que je vais céder à cette nouvelle intimidation ? Je n’accepte pas la gestapo stalino-talmudique qui assimile à la haine raciste tout refus de la submersion démographique mais absout les insulteurs des Français, de la France et du catholicisme. Avec humilité, je me considère comme un Résistant dans mon pays occupé. Pupille de la Nation, j’aime la France comme ma mère (pas la république, qui est sa caricature en putain). Pour défendre sa mère, on a tous les droits et si on ne les a pas, on les prend.

Au surplus, j’ai été élevé dans une famille et un milieu où l’on n’est pas très impressionnable. Mon père, sous-officier de Légion Etrangère, est mort pour la France il y a cinquante ans. Quand les pourris qui livrent aujourd’hui notre pays apprenaient, à l’Ena, à Sciences Po ou à l’École de la Magistrature, à faire et à appliquer les lois dictées par leurs maîtres ténébreux, il donnait sa vie pour garder à la France un empire. Et l’on prétend aujourd’hui m’interdire de défendre l’ultime pré-carré que n’ont pas bradé les Mendès, DeGueulle et autres salauds ?

Mes deux grands-pères ont versé leur sang au feu. L’un, jeune officier de l’Armée impériale, aide de camp du général Dénikine, a tout perdu dans une guerre sans merci contre le communisme : parents, frères et soeurs, propriétés, biens. Arrivé en France avec sa jeune épouse, ruinée elle aussi, et un enfant né pendant l’exil, il a poursuivi son combat jusqu’au jour où il est mort pauvre. Et un Gauberg espère me bâillonner à coups d’amendes, comme il a juré de le faire pour toute la presse nationale ? Il n’y a que dans les contes talmudiques qu’on tire du lait en pressant une pierre.

Mon autre grand-père était à Verdun à vingt ans. A quarante-cinq ans, il participait à la Résistance. La vraie, pas celle des maquereaux qui ont mis leurs médailles usurpées au tapin. Et l’on voudrait m’interdire d’appeler à libérer, aujourd’hui comme hier, notre pays envahi, occupé, humilié ?

Mon enfance a été peuplée de récits de batailles, de prises d’armes, de saluts aux couleurs, de défilés, de remises de médailles, de célébrations du 8-Mai, du 11-Novembre. En famille, nous vivions sous le regard de nos héros. L’école militaire où j’ai passé mon adolescence porte le nom d’un ancien, tombé à 15 ans dans les combats de la Libération : Jacques Lorenzi. Aujourd’hui encore, j’écris entouré de photos de combattants de toutes les résistances. Aux occupants d’hier et d’aujourd’hui, mais aussi aux flics de la pensée, au lobby, au communisme et à la connerie. Et on voudrait que j’obéisse aux gestapettes de la pensée ?

Jeanne d’Arc est omniprésente chez nous et l’on espère me forcer à aimer les étrangers chez moi plus que chez eux, et à respecter des cultes imbéciles qui sont autant de célébrations de la Mort ?

… Je suis, je le sais, condamné d’avance. Cela ne me fera pas taire. Je continuerai à dire et à écrire que l’immigration est une colonisation de peuplement et l’islamisme un totalitarisme dont les Français ont le droit de se libérer.”

Evidemment, on sent ici la rudesse du vieux grognard qui préférera toujours se faire tuer sur place plutôt que de reculer d’un seul pas, et qui n’attend que le signal pour aller embrocher son adversaire. C’est avec de tels hommes que l’on gagne les guerres. Serge de Beketch, qui sortait victorieux après chacun de ces combats, paraissait ensuite fêter sa victoire personnelle dans les pages suivantes de son journal. Il laissait alors libre cours à son humour qui agrémentait délicieusement ses commentaires de l’actualité. On est bien obligé de le reconnaître : il était le meilleur d’entre nous, à tout point de vue. Sa contribution aux lettres françaises et à l’esprit français le place aujourd’hui aux côtés de nos plus grands pamphlétaires et écrivains nationaux.

Le 10 janvier 2006, il signait un magnifique éditorial intitulé “Prendre de la hauteur”. La nouvelle année commençait pour lui au petit matin par la contemplation du Mont Saint-Michel. Quelques jours plus tard, il écrivait ces mots, en conclusion de son article :

“J’ai encore au fond du cœur la lumière qui a laissé le spectacle du Mont dans cet éblouissant matin de janvier, et je ne voudrais pas que les ténèbres du cloaque parisien l’éteignent. Ce sera mon vœu en ce début d’année : que pour chacun, 2006 soit éclairée chaque jour par une étincelle de beauté et par une pensée de reconnaissance à l’égard de Celui qui nous l’Offre. Élevons-nous, prenons de la hauteur. De là-haut, le monde est plus beau et l’air est plus pur.”

Serge de Beketch