Bernard Antony : un épouvantail planté à l’extrême-droite

Ce jour, le 10 avril 2013, 18h30, nous nous branchons sur radio Courtoisie, et nous tombons, une fois encore, sur l’insupportable Jean Robin, invité une fois de plus par Yves-Marie Laulan, qui lui laisse le micro pour nous parler de ses grands parents morts à Auschwitz et pour régler ses comptes personnels. Puis l’on apprend que Bernard Antony fait la promotion du livre de Jean le Rabbin. C’en est trop ; on coupe la radio.

Nous republions ici un article du 8 avril 2011.

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Bernard Antony est une vieille figure de l’extrême-droite française. Il est le président de l’association Chrétienté-Solidarité, ainsi que de l’Agrif (l’Alliance contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) – une association qui lutte contre les provocations anti-chrétiennes. Il est aussi le président du Cercle d’Amitié française juive et chrétienne, dont le diamètre est d’environ un mètre cinquante.

Membre du Front national depuis 1984, il resta fidèle à Jean-Marie Le Pen au cours de la scission de 1999, afin de ne pas côtoyer les “païens” qui gravitaient alors autour de Bruno Mégret. Il fut toutefois poussé vers la sortie et rayé des listes du parti en 2006. En 2009, il ralliait le Parti de la France de Carl Lang, qu’il quitta le 3 mars 2011.

L’hebdomadaire Rivarol du 11 mars 2011 relatait ainsi son départ dans un petit article :

« Le 3 mars, sur son blog, Bernard Antony a fait part de sa décision de quitter le Parti de la  France. “Carl Lang a en effet jugé bon de procéder,  ce que je désapprouvais, à des alliances électoralistes ou rapprochements avec de petits mouvements et partis et aussi des journaux dont les positions sont incompatibles avec les miennes. Je suis régulièrement attaqué dans ces  journaux parce que je suis tout aussi hostile à tout racisme et à tout antisémitisme qu’à l’idéologie nihiliste  appelée “antiracisme”” écrit le dirigeant de l’AGRIF et de Chrétienté-Solidarité. Le coprésident de l’Al­liance d’amitié française  juive et chrétienne rappelle sa condamnation  du “négationnisme du génocide juif par les Nazis”. Louis Chagnon [un proche de Richard Antony, ndlr] qui a donné une conférence  ce même 3 mars pour l’association ultra-sioniste France-Israël (dirigée par Gilles-William  Goldnadel) et qui fréquente régulièrement les activités culturelles du B’nai Brith a également  démissionné du Parti de la France à la fin de  la semaine dernière. Des départs qui devraient rassurer tous les nationalistes qui craignaient que la présence  d’Antony et de Chagnon au sein du Parti de  la France n’orientât le mouvement de Carl Lang vers des positions américano-sionistes  et radicalement hostiles au révisionnisme historique d’autant qu’Antony était officiellement  chargé de la formation et Chagnon des  “études et des projets”. Les deux hommes n’apparaissent plus désor­mais sur le site  Internet du PDF. La ligne radicale imprimée par le jeune et  dyna­mique secrétaire général Thomas Joly  qui s’est prononcé sans réserve pour la libération de Vincent Reynouard et l’abrogation  des lois liberticides et qui a toujours dit publiquement le grand bien qu’il pensait de  Rivarol a sans doute joué dans cette décision  qui est une clarification particulièrement  bienvenue. »

Le 7 avril 2011 – avec un mois de retard, donc – Bernard Antony publiait sur son blog un article vengeur intitulé Rivarol : du risible au pitoyable. Il s’y défend d’être américano-sioniste, bien qu’il l’affirme quand même :

« Un ami m’envoie le numéro de Rivarol du 11 mars dernier où l’on me cite en taxant mes positions “d’americano-sionistes” ! Ce n’est pas nouveau et c’est insignifiant. Je ne suis pas américain et tous ceux qui me lisent ou m’écoutent savent que si je n’ai rien contre le peuple américain et si j’admire même en Amérique la conservation des libertés que nous n’avons plus chez nous, j’ai fréquemment critiqué durement la politique américaine (contre la France en Indochine et en AFN ; le crime de l’éviction du Shah d’Iran et leur désastreuse invasion de l’Irak, etc , etc…) »

Tant mieux, Bernard, tant mieux…

Et Bernard Antony poursuit sur le deuxième volet de ce qu’il a l’air de considérer comme une injure : « Je ne suis pas sioniste. N’étant pas juif, je ne suis pas un nationaliste israélien. J’ai pendant quinze ans au Parlement Européen défendu le droit à la paix et à des frontières sûres pour Israël mais aussi de pareils droits pour les Palestiniens. J’ai toujours trouvé sages les propositions de Vatican qui n’est pas non plus je crois américano-sioniste. »

Ce sont là des propos empreints de sagesse et de pondération.

Mais voilà que Bernard Antony se déporte soudainement sans crier gare pour exprimer son dégoût au sujet d’un article que nous avons nous-même écrit dans ce numéro de Rivarol :

« J’use justement de ma liberté pour manifester combien je ne trouve qu’un mot, abjection, pour qualifier l’article dans le même numéro de monsieur Hervé Ryssen. Voici ce qu’il écrit de la période de 1940 à 1945 : “Ce fut une époque bénie. On n’avait pas ri comme ça en France depuis bien longtemps. Sur les Juifs, les Noirs et les Arabes, on s’en donnait à cœur joie. Tout le monde laissait libre cours à son imagination : on se moquait de leurs travers, de leurs physiques ingrats : on faisait de bons mots sur leurs mœurs douteuses”. Peut-on écrire plus bêtement, plus odieusement ? », ajoute-t-il.

Bernard Antony a probablement cru que l’article de Rivarol concernant son départ du Parti de la France était de nous ; ce qui n’est pas le cas. Si sa motivation principale était de se venger de son auteur, nous ne saurions trop lui conseiller de vérifier ses informations avant de se lancer dans des attaques aussi virulentes.

Maintenant, si son objectif était de nous atteindre personnellement, ou de discréditer le journal Rivarol à travers notre prose, on espère qu’il n’a pas eu la naïveté de croire que cette attaque resterait sans réponse.

Il faut d’abord considérer que l’extrait est cité hors de son contexte, ce qui est un procédé malhonnête. Dans cet article du 11 mars, intitulé De la Liberté d’expression, nous traitions de différentes choses, sur un mode humoristique. Nous commencions par citer un mot de Robert Brasillach, après la publication de la première mesure “antiraciste” que fut le décret-loi Marchandeau de 1939. Brasillach en avait laissé un témoignage amusant dans son livre Notre avant-guerre :

« L’antisémitisme, écrit Brasillach, malgré l’éloignement de M. Blum, s’affermissait. Un décret-loi étrange prévit des sanctions “contre ceux qui exciteraient à la haine, pour des motifs de race ou de religion, contre les citoyens de la France ou même de ses habitants ». Et Brasillach ajoutait avec ironie : « On appela plus les Juifs que les “habitants”. » Les “habitants”, fraîchement naturalisés, étaient surtout dénoncés à cette époque par les “autochtones” pour être des bellicistes poussant furieusement à une guerre contre l’Allemagne. » Fin de citation.

Nous poursuivions ensuite, toujours sur le mode humoristique, avec des petits paragraphes courts et imaginatifs, joliment intitulés Vichy et la joie de vivre, ou C’était le bon temps. C’est là-dedans que Bernard-les-gros-yeux a découvert notre prose nauséabonde.

Que l’on puisse rire de ses amis juifs, arabes et noirs le bouleverse, manifestement. A moins que ce ne soit cette phrase : « On se moquait de leurs travers, de leurs physiques ingrats… » Bernard Antony, qui doit bien faire un mètre cinquante-deux ou cinquante-quatre, s’est peut-être senti insulté personnellement ; qui sait ?

Ce qui est certain, c’est que l’homme manque évidemment d’humour. L’avez-vous déjà entendu rire une seule fois sur radio Courtoisie, où il anime une émission mensuelle ? Non, jamais. Ce vieux con fait partie de l’espèce la plus repoussante de l’extrême droite : grincheuse, aigrie, ringarde… bref, chiante au possible !

Il est né en novembre 1944, pendant que ses potes zigouillaient par milliers les Français pétainistes. Ses potes, ce sont en premier lieu les « Juifs » (ce con met une majuscule), les Noirs et les Arabes, quand bien même ceux-ci réunis ne composaient qu’une infime minorité de l’armée française. Ecoutez cela :

Ryssen est une petite merde abjecte… bla bla bla… « au mépris de la mémoire des sacrifices des soldats français parmi lesquels des Juifs, des Noirs, des Arabes, en grand nombre, dans notre armée sur le sol français et puis dans l’armée d’Afrique. Au mépris des Juifs raflés, massacrés, comme d’autres aussi, dans les camps de l’enfer nazi à l’image de l’enfer bolchévique. Qu’auraient dit, devant cette expression d’irréfutable haine raciste nos amis de jadis au sein du FN et aujourd’hui disparus, l’héroïque combattant juif de la résistance et de l’Algérie Française, Robert Hemmerdinger, l’ancien député d’Alger patriote intraitable, l’arabe Mourad Kaouah et l’ancien résistant et combattant aussi de l’Algérie Française, le grand penseur Jules Monnerot, cet antillais patriote qui aurait mieux mérité le Panthéon que le communiste Césaire. »

Ce nabot a l’air de sacrément apprécier ce qui vient de l’Afrique et de l’Orient ! Il en goûte !

En 2007, il s’est essayé à écrire un livre sur la question juive, intitulé Histoire des Juifs d’Abraham à nos jours. Il fut sans doute influencé par les longues conversations qu’il a pu avoir avec son ami Hemmerdinger. Il marchait, en quelque sorte, dans les pas de Jean-Paul Sartre, qui avait écrit ses Réflexions sur la question juive à partir de ce qu’il avait entendu de Raymond Aron, le seul juif qu’il connaissait, et qui était un juif passab­lement déjudaïsé : ce qui fait que le livre de Sartre est un étonnant recueil de bêtises.

Bernard Antony monte encore d’un cran dans sa charge contre le nazi qu’il voit en nous, n’hésitant pas à émettre des sous-entendus désobligeants. Voici ce qu’ose écrire ce petit étron d’un mètre-cinquante : « Ah, quelle belle époque pour Ryssen où il se serait moqué ! Sauf, il est vrai, des vainqueurs et des collabos parmi lesquels bien sûr, on le sait, ne sévissaient jamais des mœurs douteuses… »

Là, on ne rêve pas : ce nain vibrionnant nous traite carrément de pédé ! Il a de l’audace, Bernard… Il est teigneux ! Peut-être même a-t-il des idées derrière la tête… mais nous ne mangeons pas de ce pain là !

Jusqu’à présent, nous nous étions toujours refusé à attaquer cet énergumène, parce que nous considérions qu’une personne qui aime Soljiénitsyne ne peut pas être entièrement mauvaise. Et pourtant, ce n’est pas l’envie qui nous a manqué ces dernières années, tant les récriminations s’élèvent dans le milieu catholique militant contre ce chéfaillon pro-juif et pro-métèque, qui dirige une association de défense de l’identité chrétienne globalement inefficace et inexistante.

Tenez, voici ce que l’on trouve sur un site de véritables militants catholiques (contre-info.com) qui eux, représentent la jeunesse, et ne font pas des mamours au premier juif ou au premier Arabe qui passe :

« Le très anti-antisémite, antirévisionniste et assimilationiste Bernard Antony (dirigeant de l’AGRIF et de Chrétienté-Solidarité, coprésident du Cercle d’Amitié française juive et chrétienne), parfois accusé dans les milieux nationaux de « marranisme » (ce qu’il nie), quitte le Parti de la France dirigé par Carl Lang. »

Il est clair que Richard Antony ne fait pas l’unanimité chez les catholiques, en tout cas, pas chez les jeunes. Et ce n’est là qu’un tout petit aperçu du dégoût que ce type inspire au sein du catholicisme traditionnel. Il est à cet égard sur le même créneau que l’éditeur Benoît Mancheron, par exemple, qui lui, nous a parlé un jour – à l’intérieur même de la librairie parisienne France-Livres [aujourd’hui Librairie Notre-Dame, rue Monge], où il travaille, et avec sa petite voix doucereuse – du « génie du judaïsme ». Pas moins ! C’est la tendance “cucul-la-praline” du catholicisme de combat. Et ce sont les mêmes qui s’étonnent ensuite que leurs églises soient vides !

Afin de mieux nous vilipender, Richard Antony fait appel aux grands ancêtres : « Mais quelle est donc cette haine de l’honneur de la France, ce mépris de la mémoire de ses deuils, de ses misères et de ses grandeurs qui anime M. Ryssen ? On imagine un Péguy, un Bernanos, un Maurras lisant cela. »

Cet Antony (appelez-le comme vous voudrez), vit en plein XIXe siècle : c’est un homme du passé, qui fréquente les cimetières et les catacombes. On se demande tout de même pourquoi il nous accuse de nourrir une « haine de l’honneur de la France ». C’est là une accusation excessive et grotesque.

Nos références historiques et idéologiques ne sont pas les mêmes, à l’évidence. Soixante-dix ans après la fin de la deuxième Guerre mondiale, en effet, nous constatons simplement que la France, l’Europe et tous les peuples blancs sont submergés par des dizaines de millions d’immigrés du tiers-monde. Et nous avons tendance à penser que l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne en 1945 a été le point de départ de cette catastrophe majeure que semble ignorer Bernard Antony. Il est vrai que celui-ci n’est pas raciste pour deux shekels, nourrissant aussi un amour immodéré pour les chrétiens d’Orient.

Son éditeur, depuis des années, est d’ailleurs un Libanais : Richard Haddad, des éditions Godefroy de Bouillon. Quand vous voyez Richard Haddad, c’est que Bernard Antony n’est pas loin.

C’est Richard Haddad qui a édité son livre sur les juifs, Histoire des Juifs d’Abraham à nos jours (530 pages). Voici ce que l’éditeur écrit pour présenter l’ouvrage, entre autres considérations :

«…le rôle providentiel “du peuple que Dieu s’est choisi”, croyant, n’en déplaise aux antisémites, à cette parole lourde de sens de Jésus-Christ : “Le salut vient des Juifs” (Jean, 4, 22). Par eux, en effet, pense-t-il; mystérieusement Dieu a voulu partiellement révéler aux hommes le pourquoi de leur vie, l’origine du mal, les règles de la morale, leur raison d’être et d’espérer. »

Nous ne l’avons toujours pas lu, parce que nous refusons par principe d’acheter un livre à un prix aussi élevé. L’ouvrage est en effet vendu à… 43 euros ! C’est sans doute ce qui permet à Richard Haddad de rouler en Bentley. Pour ceux qui ne s’intéressent pas aux limousines de luxe, une Bentley est l’équivalent d’une Rolls-Royce ; et Haddad n’a pas choisi le petit modèle… Enfin… Ceci ne nous regarde pas.

Nous n’avons croisé qu’une seule fois Bernard Antony. C’était en septembre ou octobre 2005, au domaine de Grandmaison, à Villepreux, à l’occasion d’une journée organisée par son association Chrétienté-Solidarité. Bien qu’assez éloigné de ce milieu, nous y avions été invité par Serge de Beketch, à qui nous donnions alors quelques articles pour son Libre Journal. Nous venions alors tout juste de publier notre premier livre, Les Espérances planétariennes, et nous eûmes alors l’insigne honneur de le présenter sur le stand du grand polémiste.

Nous avions profité de l’occasion pour distribuer quelques tracts publicitaires au public présent, très largement composé de petits vieux. On se souvient simplement que, quelques instants après, une petite boule de haine incontrôlable nous avait pris méchamment à partie, nous reprochant de ne pas lui avoir demandé la permission. Dans la colère, l’homme avait perdu son bégaiement naturel ! Il ne s’était calmé que lorsque nous lui avions appris quel était celui qui nous avait invité, et l’incident s’était clos immédiatement. Nous gardions cependant le souvenir d’un personnage très “soupe-au-lait”, colérique et incontrôlable.

Nous ne sommes pas d’un naturel violent, et il n’est pas dans nos habitudes de nous en prendre physiquement à qui que ce soit. Mais si d’aventure, ce Bernard Antony nous insultait de nouveau, il nous faudrait alors laver cet affront d’une manière ou d’une autre pour lui faire comprendre qu’il a choisi de pisser dans le mauvais trou.

L’idée de frapper un petit bègue, même teigneux, nous révulse souverainement, d’autant que ce personnage infirme a déjà dû subir les pires outrages durant son enfance. Nous aurions apprécié pouvoir régler l’affaire comme Édouard Drumont ou Léon Daudet le faisaient en leur temps, mais l’époque, hélas, ne se prête plus aux duels à armes égales.

Cyrano, assurément, l’aurait giflé de manière magistrale, avec panache. Il lui aurait « fessé les joues » , ou bien, lui aurait envoyé son gant à travers le visage.

Peut-être pourrions-nous simplement suspendre ce paltoquet par les pieds, pendant une minute ou deux – à bout de bras – afin de tenter de lui irriguer le cerveau et de lui apprendre les bonnes manières. On le voit déjà se débattre et gigoter méchamment ! Ho laaaaa ! Mais c’est qu’il essaye de mordre ! C’est une teigne ! Hervé Ryssen