Henri Béraud contre les malfaisants

henri-beraud.netHenri Béraud débuta sa carrière d’écrivain et de journaliste à l’extrême gauche anarchiste. Polémiste de grand talent, maniant le verbe avec virtuosité, ce natif de Lyon fut à l’origine de nombreuses publications dont le célèbre Vitriol de lune, couronné par le Goncourt en 1922, suivi aussitôt d’une deuxième consécration littéraire. Sa carrière de romancier s’enrichit de nombreux écrits. Il participa à la vie littéraire locale et nationale (Le Crapouillot et le Canard Enchainé) comme éditorialiste ou acteur de revue au premier rang desquelles l’illustre Gringoire. Ami de Kessel, Pagnol, Dorgelès, reporter aux quatre coins du monde, il n’hésitait pas à tirer à boulet rouges sur une bourgeoisie déclassée et décadente.

Ce ne furent évidemment pas ses articles célébrant sa petite patrie lyonnaise qui valurent à Henri Béraud une condamnation à mort en 1944, quand gaullistes et communistes se partageaient le pouvoir. Ce ne fut pas non plus d’avoir soutenu le Maréchal, que le poilu Béraud avait reconnu, comme des millions de Français, comme son chef.

Ce qu’on ne lui pardonna pas c’est d’avoir sans cesse dénoncé les manœuvres britanniques contre la France, ainsi que les menées belliciste de la secte juive, qui poussait à la guerre de toutes ses forces. Homme de gauche, républicain et athée, il avait rejoint comme beaucoup d’autres le camp nationaliste. Sa condamnation à mort fut commuée en détention au bagne. Il en sorti en 1950, très diminué. Henri Béraud décéda le 24 octobre 1958.

Nous publions ici des extraits de son article intitulé Et les juifs, publié le 23 janvier 1941 dans l’hebdomadaire Gringoire. L’article est disponible en intégralité sur Club-acacia. Hervé Ryssen

“ … Léon Blum est l’homme qui nous a fait le plus de mal. Et, pour le malheur des juifs, cet homme est un juif. Un juif qui, pour accomplir son œuvre de ruine et de mort, s’était entouré de juifs.
La France abattue se soulève et regarde. Elle cherche à se souvenir. D’où lui vient tant de misère ? Sa main passe en tremblant sur son front, ses yeux s’ouvrent, elle achève de s’éveiller ; elle voit, elle sait : ceux qui l’ont jetée là, bâillonnée, ligotée, sans force, ceux qui, l’ayant conduite à la bataille l’ont fait battre, puis l’ont abandonnée, ce sont des passants, des nomades, des hommes aux figures sombres, aux mœurs cyniques, aux noms mal traduits d’une langue inconnue, aux propos remplis d’astuce, aux fureurs messianiques et révolutionnaires.

Actifs et remuants, ils semblaient nombreux, ne l’étaient guère et pourtant se trouvaient partout. Ils occupaient les meilleures places, barraient tous les chemins, imposaient leur loi, remplissaient leurs poches, interdisaient les coutumes, bafouaient les croyances, outrageaient la famille, excitaient le peuple, démoralisaient l’enfance, désarmaient les soldats, salissaient le drapeau, brisaient les alliances, exigeaient la guerre, exportaient leur fortune et se préparaient à fuir le désastre.

Pour l’heure, il était insolent. Ne tenait-il pas les leviers de commande ? Trois ministres juifs, cinquante-deux pour cent de fonctionnaires juifs dans les services ministériels. La radio enjuivée. Tous les théâtres aux mains des juifs. Ils contrôlaient la publicité des journaux. Le Collège de France tait à eux, et la Cour des comptes et la Cour de cassation, et la direction des Beaux-Arts, et la Banque de France, et la Faculté de médecine, et toute l’Université. Ils se bousculaient aux portes de l’Académie. Orléans, cité de Jeanne d’ Arc, avait un maire juif, un député juif, un procureur juif, un général juif. Il y avait une majorité juive au barreau, aux concerts, aux salons, dans les lettres. Le journal du Front populaire était rédigé par des métèques aux noms imprononçables. Leur leader était un pâle gnome appelé Rosenfeld, éminence grise du créole Alexis Léger. Un juif contrôlait les Finances; un autre administrait les Colonies. Un essaim de juives mondaines papillonnait autour du drapeau rouge. On parlait iddisch à la Sorbonne. Un affreux journal, subventionné par la banque juive et dont nous aurons à parler, nous versait sans cesse injures et menaces. Impossible de répondre. Il y avait une loi, une loi mosaïque, en date du 21 avril 1939, [la loi Marchandeau, une loi « antiraciste, ndle] signée d’un pauvre bougre d’aryen qui fait bien de chercher l’oubli. Cette loi touchait au délire. Elle autorisait l’outrage à notre peuple, à ses soldats, à ses prêtres, à ses grands hommes. Mais elle envoyait les gendarmes à tout Français révolté contre les “habitants”. On vit un juif à papillotes, incapable de dire bonjour et de se faire comprendre, mener en justice un soldat de Verdun, couvert de médailles : ce vétéran n’avait-il pas osé dire que Jérusalem ne se trouve pas en France ? On l’envoya prendre à la Santé des leçons de géographie.”

Béraud citait ensuite les cas des ministres républicains Jean Zay, Georges Mandel, Jules Moch, etc., qui se retrouvaient en fuite ou en prison :

“Tout ce qui, depuis cinquante ans, nous pille, nous affame, nous démoralise, nous désarme, nous déshonore, nous espionne et nous trahit, porte des noms étrangers. Nos prisons et nos bagnes sont remplis de déserteurs, de filous et d’hommes d’Etat baptisés : au sécateur. C’est un fait. La subtilité d’Israël, son astuce et son ardeur persuasive, ne peuvent rien contre la triste éloquence du panier à salade et des verrous.”

En novembre 1938, deux mois après Munich, il y eut entre la France et l’Allemagne une tentative de rapprochement… En fait, le ministre allemand des Affaires étrangères vint en France, où il fut reçu avec honneur. Nombre de gens, chez nous, mettaient leur espérance en cette démarche. Et il ne venait, certes, à la pensée d’aucun de se montrer discourtois envers l’hôte de notre pays. Est-il besoin de dire que l’on eût en vain cherché, même au sein de la plus folle époque, un Français de France assez fou pour crier: Vive la guerre !

Or, en ce temps-là, vivaient sur notre sol un grand nombre d’Hébreux. Venus des quatre coins du monde, ils formaient une ligue et cette ligue avait un organe. La ligue s’appelait L.I.C.A. [Ligue contre l’antisémitisme], et l’organe s’intitulait Le Droit de Vivre. Un même personnage les dirigeait. C’était un nommé Lekah, dit Lecache, aussi carpathien qu’on peut l’être, et plus crépu que Sem en personne. Lecache était un juif de combat. Dernier serviteur du Dieu de Colère et suprême espoir des Macchabées, Lecache aimait le carnage. A vrai dire, il avait la jambe molle et la poitrine assez creuse. Mais du fond de cette poitrine s’exhalaient d’effrayants psaumes, où l’on reconnaissait, au dire des connaisseurs, les vociférations d’Ezéchiel mêlées aux sanglots de Jérémie.

Nos Hébreux appréciaient beaucoup le nouveau prophète. Acclamé dans les ghettos du Temple, il dînait chez les grands, juifs de l’Etoile. Et tous, du fripier au baron de la finance, encourageaient de leurs offrandes l’envoyé d’Israël. Lecache en donnait pour l’argent. Nuit et jour, il prêchait la guerre sainte.

A l’idée que les paysans de France refusaient de mettre sac au dos pour les juifs d’Allemagne, une transe biblique agitait le prophète Lecache. Au retour de Munich, il ne se connut plus. Il déchira sa robe et remplit les airs d’un long cri. A cet appel, les douze tribus se précipitèrent, et ce fut, un soir de novembre, le meeting de la Mutualité.
Cela ne vous dit rien ?
Ce soir-là, dix mille juifs, surgis d’on ne sait quelles ombres, accoururent, poings levés, bouches furieuses, et, deux heures durant, aboyèrent au massacre.

Il y avait là ces gens, toujours les mêmes, que depuis des années et des années, l’on trouvait sur les estrades rouges : les Hadamard, les Brunschwig, les Bach, les Zerapha, les Bidault, les Paraf, les Lazurick, les Landowsky, les Emile Kahn et les Langevin, tous sectaires de loges, énergumènes de plateaux, sans cesse réunis de congrès en congrès, de meeting en meeting, de rassemblement en rassemblement, chaque fois qu’il était question de donner tort à la France.
Ainsi entouré, Lecache parut à la tribune. A sa droite et à sa gauche, deux anciens ministres :
Pierre Cot, Marx Dormoy. Et Lecache se mit à parler :
« Nous n’acceptons pas, s’écria-t-il, usant de notre droit de citoyen français (sic) que sous le couvert de je ne sais quelle politique, on tente je ne sais quel rapprochement. Ce n’est pas avec Hitler qu’il faut faire un rapprochement, mais contre Hitler qu’il faut le faire !…”

« Ovation sans fin”, dit le journal de Lecache, où je recopie, mot pour mot, cet appel aux tueries.
Cela se passait au cœur de Paris, de ce Paris trop heureux, chancelant de bonheur, qui vivait son dernier automne et respirait comme un mortel parfum le souffle léger des adieux. La ville allait à ses plaisirs, à ses théâtres. Les voitures glissaient en silence autour de cette salle ardente, où la haine de dix mille étrangers bouillait comme une chaudière.

Elle est venue, cette guerre juive acclamée par les juifs. Et quand, nous ayant désarmés, leur guerre nous a trouvés sans armes, qu’ont-ils fait ? Ils ont fui. Lecache en tête. Il a pris le large à bord d’un cargo, qui faillit sombrer. Sauvé des eaux comme Moïse, il est quelque part au sud africain, dans le commerce des tapis.

Juin 1940, an 3588 de la fuite d’Egypte, a vu le nouvel Exode. Les habitants sont partis. Les grands juifs ont donné l’exemple. Tous fuyards, comptes arrêtés, valises bouclées, dès le premier jour. Ils étaient fin prêts. A croire qu’ils avaient pris leurs billets d’avance.

Il y eut de plaisants tableaux. Le drame eut sa part de burlesque. On n’en retient que l’équipée d’Henry Bernstein, arpentant les quais de Bordeaux un revolver au poing : ” Ma main ne tremblera pas “, disait-il. La main, peut-être, mais le reste ? Il cingla vers Hollywood. Maurois fit la même traversée, nous envoyant de tristes crachats qui tombèrent dans l’Atlantique.

La famille Rothschild avait pris les devants. Comment oublier cela, cette queue de milliardaires au pont de la Bidassoa, ces poussées de nababs aux embarcadères ? On imagine ces rois de la Bourse en train de mendier des passeports. On pense aux propriétaires d’écuries s’écorchant les pieds dans les sentiers de montagne. Pauvres gens, oui pauvres, bien pauvres, ceux que rien n’attache à la terre. Dans le grand malheur du monde, ils sont peut-être les plus à plaindre, les êtres sans souvenirs qui n’ont à pleurer que sur eux-mêmes.

Celui qui parle ici n’est pas un homme cruel. C’est un Français entre tant d’autres, un peu plus las, sans doute, ayant trop prévu notre infortune et vainement dénoncé les coupables. Aujourd’hui comme hier, ce Français pareil aux autres entend demeurer humain.

Humain ? Sans doute. Mais il faudrait s’entendre. Est-ce être humain que de tout supporter, trahison et menaces ? Est-ce être humain où être imbécile que d’admettre à son foyer celui qui ne rêve qu’incendies et fusillades ? Il n’est peut-être pas en France, à l’heure présente, un juif qui ne souhaite la victoire bolchevique – avec tout ce qui s’ensuit de vengeances et d’horreur.
Humains ? Oui. Que les Juifs commencent.”
Henri Béraud