Sylvain Tesson. Dans les forêts de Sibérie

Sylvain Tesson a remporté le prix Médicis en 2011 pour ce livre. En voici un extrait intéressant :

« En ville, le libéral, le gauchiste, le révolutionnaire et le grand bourgeois paient leur pain, leur essence et leurs taxes. L’ermite, lui, ne demande ni ne donne rien à l’État. Il s’enfuit dans les bois, en tire subsistance. Son retrait constitue un manque à gagner pour le gouvernement. Devenir un manque à gagner devrait constituer l’objectif des révolutionnaires. Un repas de poisson grillé et de myrtilles cueillies dans la forêt est plus anti-étatique qu’une manifestation hérissée de drapeaux noirs… La retraite est révolte. Gagner sa cabane, c’est disparaître des écrans de contrôle. L’ermite s’efface. Il n’envoie plus de trace numérique, plus de signaux téléphoniques, plus d’impulsions bancaires. Il se défait de toute identité… Nul besoin d’ailleurs de gagner la forêt. L’ascétisme révolutionnaire se pratique en milieu urbain. » (page 120).

Bien dit Sylvain.

Il y a quelques autres passages révolutionnaires dans le livre.

Cependant, un camarade nous assure qu’il aurait vu, chez un bouquiniste, un exemplaire d’un livre de Sylvain Tesson dédicacé de cette manière à un ministre : « Respectueusement ». Et le ministre en question est… Bernard Kouchemerde !

C’est déjà moins révolutionnaire.

Si on lui offre la Légion d’honneur, Sylvain Tesson l’acceptera-t-il ?

On sait que Marcel Aymé avait répondu au président de la République de l’époque de se la carrer où l’on sait… Bien bourré à la vodka, Sylvain pourrait lui aussi rentrer dans l’histoire, s’il le voulait.

P.S. : Profitons-en pour signaler que nous n’avons plus de téléphone portable pour le moment. Inutile, donc, de nous appeler au … 98 94 90. Et puis, tant qu’on y est : ne prenez pas Orange, c’est de la daube !

Hervé Ryssen