Ernest Renan et l’esprit breton

Ernest Renan est un célèbre intellectuel français de la fin du XIXe siècle. Il faut lire ses très beaux Souvenirs d’enfance et de jeunesse. Il y raconte, au début, son enfance en Bretagne :

« Le trait caractéristique de la race bretonne, à tous ses degrés, est l’idéalisme, la poursuite d’une fin morale ou intellectuelle, souvent erronée, toujours désintéressée. Jamais race ne fut plus impropre à l’industrie, au commerce. Tout ce qui est lucre lui paraît peu digne du galant homme ; l’occupation noble est à ses yeux celle par laquelle on ne gagne rien, par exemple celle du soldat, celle du marin, celle du prêtre, celle du vrai gentilhomme qui ne tire de sa terre que le fruit convenu par l’usage, sans chercher à l’augmenter, celle du magistrat, celle de l’homme voué au travail de la pensée. Au fond de la plupart de ses raisonnemens, il y a cette opinion, fausse sans doute, que la fortune ne s’acquiert qu’en exploitant les autres et en pressurant le pays. La conséquence d’une telle manière de voir, c’est que le riche n’est pas très considéré ; on estime beaucoup plus l’homme qui se consacre au bien public ou qui représente l’esprit du pays. »

Dans son Discours au Collège de France, en 1862 (De la part des peuples sémitiques dans l’histoire de la civilisation), Ernest Renan a exprimé ce qu’il pensait de l’islam :

« L’islamisme ne peut exister que comme religion officielle ; quand on le réduira à l’état de religion libre ou individuelle, il périra. L’islamisme n’est pas seulement une religion d’État, comme l’a été le catholicisme en France, sous Louis XIV, comme il l’est encore en Espagne ; c’est la religion excluant l’État, c’est une organisation dont les États pontificaux seuls en Europe offraient le type. […] L’islam est la plus complète négation de l’Europe ; l’islam est le fanatisme […] le dédain de la science, la suppression de la société civile ; c’est l’épouvantable simplicité de l’esprit sémitique, rétrécissant le cerveau humain, le fermant à toute idée délicate, à tout sentiment fin, à toute recherche rationnelle, pour le mettre en face d’une éternelle tautologie : Dieu est Dieu. »

Et au sujet des juifs, il notait, dans sa Vie de Jésus (1863) : « Un des principaux défauts de la race juive est son âpreté dans la controverse et le ton injurieux qu’elle y mêle presque toujours… Le manque de nuances est un des traits les plus constants de l’esprit sémitique. »